EGYPTE : les Coptes d’Egypte se relèvent... patiemment

Publié le par Patrice Sabater

EGYPTE – Après trois années de crises liées aux troubles politiques nés sur la place Tahrir du Caire, la communauté copte semble relever la tête. Après une difficile cohabitation avec les Frères musulmans, l’arrivée au pouvoir du général Al-Sissi suscite de l’espoir. Il semble également que beaucoup se soient convertis au christianisme, sans que les chiffres exacts ne soient connus.

Parmi les Irakiens qui sont contraints de quitter Mossoul sous la pression meurtrière des djihadistes du Califat islamiques, il n’est pas impossible que certains rêvent de l’Eglise Copte, encore debout malgré des années très sombres. Ils espèrent peut-être, au fond de leurs cœurs, pouvoir rebâtir leurs églises et revenir un jour sur une des premières terres chrétiennes au monde.

Pendant ce temps, les Coptes d’Egypte vivent des jours meilleurs. Attaqués, pillés, désignés parfois comme des boucs émissaires, ils tentent de réunir leurs forces après le passage au pouvoir de Mohammed Morsi et des Frères musulmans, destitués par un coup d’Etat mené par le général Al-Sissi. Le 29 mai 2014, ce dernier a été élu président d’Egypte en obtenant 96% des suffrages. Cette élection a été vite saluée par les responsables des Eglises, notamment Mgr Adel Zaky, vicaire apostolique d’Alexandrie, qui soulignait que « Sissi est la bonne personne au bon moment. Sa victoire nous offre, à nous chrétiens, la sécurité et des perspectives d’avenir. Nous allons vers des temps meilleurs ».

Cet optimisme est partagé par le pape Tawadros II, à la tête de l’Eglise copte orthodoxe qui compte de huit à dix millions de fidèles, ce qui représente à peu près 10% de la population égyptienne. Soucieux de protéger son Eglise, il s’était rapproché très vite de l’actuel président lors du coup d’Etat de juillet 2013. Depuis, les Chrétiens sont plus sereins. Ils doivent se rebâtir leurs églises, leurs salles de réunion, parfois leurs maisons, mais peuvent rejoindre l’Eglise sans la peur au ventre d’être agressé.

La persécution mène à la conversion

Des associations proches des Chrétiens d’Orient, et des Coptes eux-mêmes, font état d’une hausse du nombre de conversions au Christianisme. Le chiffre est impossible à déterminer tant ceux qui se convertissent risquent des poursuites judiciaires ou la mort si leur conversion est révélée au grand jour.

Une Eglise souterraine se forme, non pas en confrontation avec le gouvernement comme cela peut exister en Chine ou dans d’autres pays d’Asie, mais pour se protéger des actes de vengeances de la communauté d’origine des nouveaux chrétiens.  « Ce n’est pas le pouvoir politique qui nous opprime, explique un Egyptien néophyte, mais directement les proches. Si un musulman se convertit, sa famille et ses voisins, risquent de le battre, de vouloir le tuer, c’est vécu comme une trahison ».

Mais ces difficultés ne voilent pas la beauté de la réalité : dans les persécutions, c’est-à-dire au moment où une conversion paraît le plus improbable, le plus dangereux, le message du Christ a été entendu. C’est d’abord ce que retiennent les chrétiens qui sont touchés et encouragés plus encore à relever leur Eglise qui tombe, mais pour toujours se relever.

Source: Patriarcat Latin de Jérusalem (Lpj.com) -

Pierre Loup de Raucourt

Août 2014

EGYPTE : les Coptes d’Egypte se relèvent... patiemment