En attendant dimanche: 1er Dimanche de l'Avent. Il le prit par la main...

Publié le par Patrice Sabater

Il le prit par la main...

C’est depuis Istanbul que je vous rejoins pour cette première méditation de l’Année liturgique après un temps d’arrêt... Cette lecture intervient au jour où le Pape François propose à l’Eglise universelle de prier avec toutes celles et ceux qui se sont consacrés à la suite du Christ... religieux et religieuses, prêtres, missionnaires. C’est aussi le moment où nous fêtons la Fête de saint André avec nos Frères orthodoxes et les chrétiens de l’Orient chrétien. Ici, à Istanbul, nous le faisons d’une manière toute spéciale cette année en présence du Saint Père et en grande proximité fraternelle avec le Patriarche œcuménique Bartholomeos 1er.

Le chemin n’est pas plus incertain pour l’homme d’aujourd’hui qu’il ne le fut hier. Ses pas empruntent des sentiers différents selon les âges et les moments de la vie. Nous voudrions marcher plus vite, aller plus loin, et pour y parvenir nous courrons... Et pourtant, au fond de nous notre marche reste incertaine. Elle nécessite de l’aide, de la prudence ainsi que la lumière nécessaire pour avancer. J’ai été très touché hier soir lors de la célébration d’ordination sacerdotale présidée par Sa Béatitude le Patriarche de l’Eglise syriaque-catholique, Mar Ignace Youssef III Younan. A la différence de l’ordination dans le Rite latin, l’ordination est reportée après la célébration même de l’Eucharistie et placée avant la Communion. Elle se déroule en trois grandes étapes progressives. Elles conduisent peu à peu l’impétrant à monter vers l’autel. A la deuxième étape, le Patriarche a conduit l’ordinand vers l’autel en lui tenant paternellement la main. Le geste était simple et si beau. L’expression bien connue « Nous sommes l’argile, tu es le potier » prenait tout son sens en ce geste empreint de grande humilité ; d’autant que l’ordinand était déjà d’un certain âge. Au moment où Orhan Canli entrait dans le Mystère du don, la main paternelle du Patriarche, c’est-à-dire du Père en quelque sorte, le conduisait jusqu’à la remise de soi (lui-même) entre les mains de Dieu. Le prophète Isaïe nous aide à entrer dans cet émerveillement qui est à la fois désir et crainte de Dieu... « Jamais on n’a entendu, jamais on n’a ouï dire, nul œil n’a jamais vu un autre dieu que toi agir ainsi pour celui qui l’attend. Tu viens rencontrer celui qui pratique avec joie la justice, qui se souvient de toi en suivant tes chemins ».

Dans nos vies parfois rendues fades par le manque de convictions, par les soucis présents plus qu’il ne le faudrait, nous avons du mal à entrer dans la lumière. Nous avons du mal à veiller dans l’attente de la venue du Seigneur. Il nous semble que quelque chose ou quelqu’un nous a ravi notre espérance, notre confiance dans le Seigneur et notre joie. « Reviens pour l’amour de tes serviteurs et des tribus qui t’appartiennent. Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais, les montagnes fondraient devant toi » (Isaïe). A-t-on vraiment au cœur de rencontrer le Seigneur ? de l’attendre ? de nous tourner vers Lui pour qu’Il nous aide à changer « nos vêtements salis », et d’être sauvés ?? ? Le doute nous envahit. La souffrance, la maladie, la dépression, la peine nous enferment et nous submergent... Cependant, il est à considérer que le futur ne peut exister si le présent ne m’offre aucune réalité et aucune possibilité de vie ! Comment espérer ? Sur qui et sur quoi  prendre espoir ? Etre tendu vers le futur ne signifie pas s’évader du présent. C’est au contraire mesurer le présent à l’aune de ce futur. L’Evangile nous invite à entrer dans cette attitude lorsqu’il nous dit que dans l’attente du retour les serviteurs doivent rester fidèles à leurs engagements, à la mission reçue. Le Seigneur viendra. Avec les moines d’En Calcat, nous pouvons reprendre cette belle hymne de l’Avent, « Le Seigneur passe ». Mais, il ne fait pas que passer, Il vient nous visiter. Si nous nous endormons nous ne pourrons pas accueillir Celui qui veut nous réveiller, nous prendre par la main et nous conduire. Si nous fermons les yeux sur cette possibilité – dans la Foi – du retour du Seigneur alors nous n’avons effectivement plus de raison de vouloir rester éveillés et de vouloir continuer le chemin ! (Mc 13, 33-37) Le Seigneur tiendra ses promesses. Il reviendra... Nous pourrons alors prier avec le Psaume 79: « Berger d’Israël, écoute, resplendis au-dessus des Kéroubim! Réveille ta vaillance et viens nous sauver (...) Que ta main soutienne ton protégé, le fils de l’homme qui te doit sa force. Jamais plus nous n’irons loin de toi: fais-nous vivre et invoquer ton nom ! »

Le Pape François, hier, a une fois de plus invoqué le Nom du Seigneur pour demander d’abord aux Hommes de féconder leurs vies par le besoin de la paix, car sans la paix dans le cœur de l’Homme Dieu ne peut venir à nous, parce que s’Il vient nous ne l’entendrons pas et nous ne l’accueillerons pas. Si nos yeux sont fermés sur l’Autre qui est mon frère alors c’est que mon cœur se sera endurci... Le Pape a invoqué le Nom de Dieu pour qu’Il nous aide à établir ce Royaume d’Amour, mais il ne le fera pas sans nous : chrétiens, musulmans, juifs... Combien de fois nos Frères du Proche-Orient ont invoqué le Nom du Seigneur ! Combien de larmes et de désespoir ! Combien de portes fermées et d’espérance déçue ! Mais plus que quiconque en ces temps difficiles ils ont la ferme conviction que Dieu leur sera secourable... « Car Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à vivre en communion avec son Fils, Jésus Christ notre Seigneur ». (1 Co 1, 9)

Durant ce Temps de l’Avent, le Seigneur vient visiter notre cœur comme il le fit jadis. Il a préparé sa venue en venant parler au cœur de l’Homme par des signes, des évènements, des rêves... Le Seigneur a fait signe à son Peuple. Il ne l’a jamais laissé plus loin que nécessaire... Il ne l’a jamais laissé plus loin, que ses yeux mouillés si souvent de larmes, n’aient pu le voir ! Ce temps, qui nous est donné, nous aide à faire mémoire de toutes ces visites, qui sont autant d’actes bons et miséricordieux que le Seigneur fit pour nous. Oui, c’est un temps propice pour relire les actes du salut !

Veiller, c’est donc espérer !!!

Les consacrés que nous fêtons aujourd’hui nous aident à tenir cette lumière allumée dans l’humble et discret don de leurs vies pour que l’Evangile soit toujours Chemin de vérité et d’espérance. Religieux, religieuses, prêtres et missionnaires nous aident à vivre les Promesses de notre Baptême. Ils ne sont pas au-dessus de nous, mais simplement avec nous sur le chemin à la suite de la Vierge Marie et des Apôtres, des saints de tous les temps et de toutes les Eglises. Ils sont chemins de fidélités et d’abandon si nécessaires pour offrir le Monde par leur prière et la proximité à nos vies si pauvres..., et si riches ! Oui, le Seigneur passe..., et les saints passent avec Lui !!!

 

Il le prit par la main...,

et il en fut très heureux !!!

 

Père Patrice Sabater Pardo, cm

Istanbul, le 29 novembre 2014

Veille de la Fête de Saint André,

Saint Patron de l'Orient chrétien

En attendant dimanche: 1er Dimanche de l'Avent. Il le prit par la main...
En attendant dimanche: 1er Dimanche de l'Avent. Il le prit par la main...
En attendant dimanche: 1er Dimanche de l'Avent. Il le prit par la main...
En attendant dimanche: 1er Dimanche de l'Avent. Il le prit par la main...
En attendant dimanche: 1er Dimanche de l'Avent. Il le prit par la main...
En attendant dimanche: 1er Dimanche de l'Avent. Il le prit par la main...
En attendant dimanche: 1er Dimanche de l'Avent. Il le prit par la main...
En attendant dimanche: 1er Dimanche de l'Avent. Il le prit par la main...
En attendant dimanche: 1er Dimanche de l'Avent. Il le prit par la main...