Bethléem : Entrée solennelle du Patriarche Latin de Jérusalemà Bethléem

Publié le par Patrice Sabater

Bethléem : Entrée solennelle du Patriarche Latin de Jérusalemà Bethléem
Bethléem : Entrée solennelle du Patriarche Latin de Jérusalemà Bethléem

BETHLEEMA quelques jours de Noël, les yeux du monde entier vont se tourner vers Bethléem qui accueillera les différentes cérémonies de l’Eglise Catholique dans la ville même de la naissance du Christ. Petit retour sur une de ces festivités, l’entrée solennelle du Patriarche à Bethléem.
 

Mercredi 24 décembre, 13h le Patriarche descend les escaliers du Patriarcat et s’engouffre dans sa voiture. C’est alors un cortège minutieusement préparé et organisé dans les moindres détails, au symbolisme fort, qui se dirige vers Bethléem. Les policiers israéliens ont coupé toutes les routes et mis les feux au vert. En voiture, le Patriarche se dirige de la porte de Jaffa, vers le monastère St Elie qui marque le début de l’agglomération de Bethléem.  C’est là que les autorités civiles et religieuses de Bethléem l’attendent pour faire le chemin avec lui en empruntant l’antique chemin des Patriarches. Ce chemin, aujourd’hui route 60, est une route qui traverse le pays biblique du nord au sud et qui était empruntée par les Patriarches Abraham, Isaac, Jacob. Notre Patriarche, aujourd’hui sa Béatitude Fouad Twal, prend cette route vers la tombe de Rachel. Là, à cet endroit aux enjeux politiques forts, les prêtres de la ville saluent le cortège.

Durant l’Empire Ottoman, le Patriarche était entouré de cinq cavaliers. Aujourd’hui, étant donné le mur de séparation, les 5 cavaliers de Jérusalem, sont remplacés à la porte par cinq autres cavaliers palestiniens. Cette porte qu’utilise le Patriarche ce jour n’est ouverte qu’en de rares occasions. Ce n’est pas le check-point habituel.

Toujours durant l’Empire Ottoman, le Patriarche sur son cheval partait du siège du Patriarcat précédé de son vicaire qui portait une grande croix. Derrière le Patriarche nouvellement arrivé à Jérusalem (le Patriarcat latin n’est de retour en Terre Sainte que depuis 1848) marchaient ses chanoines, à pieds ceux-là. Au monastère Saint Elie, les autorités de Bethléem saluait le Patriarche et ouvrait la route jusqu’à la place de la Nativité.

C’est le gardien du couvent des Franciscains de la basilique de la Nativité qui attend le Patriarche. La Place de la Mangeoire se noircissant de monde, les esprits s’excitent, fébriles en entendant la musique des scouts qui ont rejoint le cortège, se rapprocher. Ca y est, après deux heures et demie de route pour faire dix kilomètres, le patriarche ouvre la porte. Sous les acclamations de la foule et devant la porte de l’Humilité, le gardien accueille et salue le Patriarche. Les Vêpres, première célébration de l’office de la Nativité sont célébrées, présidée par le Patriarche. La procession quotidienne de 16h à la grotte, a lieu comme chaque année mais avec une impatience toujours nouvelle dans les cœurs des chrétiens en cette nuit unique au monde.

Le Patriarche peut alors se retirer en attendant la traditionnelle messe de minuit. Si l’on peut se demander pourquoi autant d’efforts déployés, il faut souligner l’importance inégalée de cette fête de Noël pour chaque Chrétien. Certains ont la grâce immense de vivre cet événement sur le lieu même de la naissance du Fils de Dieu. Dans le monde entier néanmoins, lorsque chaque chrétien dans son église, en France en Angleterre, aux Etats-Unis, en Espagne, au Portugal, en Allemagne, dans sa congrégation, avec sa famille,  va fêter Noël c’est avec la force d’une prière nouée à Bethléem. Alors on comprend pourquoi il est important que le représentant de l’Eglise Catholique rentre dans ce petit bourg de Judée où tout a commencé, au son des trompettes et des tambours.

Source: LPJ.org,

le 15 décembre 2014