De la Terre Sainte à la Turquie, le Pape affine sa proximité avec l’Orient

Publié le par Patrice Sabater

TURQUIE – Le Pape François s’est rendu en Turquie du 28 au 30 novembre 2014 pour un voyage consacré au dialogue avec l’Islam et surtout à la rencontre avec le Patriarche de Constantinople le jour de la fête de Saint André, considéré comme le fondateur de l’Eglise de Constantinople et d’Orient. Une visite qui rappelle la rencontre entre les deux Patriarches à Jérusalem en mai dernier et qui en approfondit encore la portée et l’importance.

Trois grands thèmes ont été évoqués par le Pape François lors de son voyage apostolique en Turquie. Le dialogue islamo-chrétien, la situation des réfugiés du Moyen Orient et le rapprochement avec l’Eglise grecque orthodoxe. Trois domaines sur lesquels le Pape s’est déjà prononcé, particulièrement au cours de son voyage en Terre Sainte en mai dernier. Il s’était entretenu avec des responsables musulmans à la mosquée Al Aqsa, il avait rencontré des réfugiés – syriens pour la plupart – en Jordanie et avait célébré le cinquantième anniversaire de la rencontre historique entre Paul VI et Athénagoras en répétant le même geste avec Bartholomée Ier.

Depuis son séjour en Terre Sainte, la situation du Moyen Orient s’est fortement dégradée, principalement à cause de l’émergence du groupe Daesh. Pays frontalier de l’Irak et de la Syrie, la Turquie se retrouve impliquée dans le conflit par l’accueil de très nombreux réfugiés. Le Pape, non sans zèle, a également exhorté le Président Erdogan – dont la position vis-à-vis de Daesh n’est pas claire – à condamner fermement, avec les autorités musulmanes du pays, ce groupe fondamentaliste qui méprise toute dignité humaine et instrumentalise la religion.

Avec le Patriarche de Constantinople, le Pape François a signé une nouvelle déclaration commune, comme il l’avait fait à Jérusalem. Ensemble, les deux patriarches désirent intensifier les efforts pour l’unité des Eglises et soutenir le dialogue entre Rome et Constantinople. Ils appellent également à la paix au Moyen Orient, en condamnant l’indifférence face à Daesh et en encourageant une protection des Chrétiens et des autres minorités touchées par la barbarie des terroristes islamiques. Un message qui peut être repris entièrement en Terre Sainte, concernée par la cohabitation de catholiques latin et de fidèles de l’Eglise grecque orthodoxe, et concernée aussi par la montée des fondamentalismes et l’existence du terrorisme.

Le zèle constructif du Pape François

Ce n’est pas tellement à travers les mots que le Pape innove depuis son voyage en Terre Sainte. Ni à travers les sujets évoqués. Mais c’est par ses désirs et ses implications que le Pape François montre toute sa volonté de se tourner vers l’Orient et de réparer la fracture avec l’Occident.

Dans l’avion qui l’a ramené de Turquie, il a réaffirmé son désir de se rendre en Irak et a regretté qu’une rencontre avec des réfugiés en Turquie n’ait pas été possible. Sa prière silencieuse dans la célèbre Mosquée  Bleue, aux côtés des Musulmans, a été un autre geste important de son voyage. « J’ai ressenti le besoin de prier », a souligné le Pape, venu selon ses mots comme « pèlerin » et non comme « touriste ».

Et son zèle ne s’arrête pas là. Alors que selon la coutume, le Pape ne se déplace pas sans être invité, il n’hésite pas à demander à se déplacer. C’est son intention notamment dans l’objectif de rencontrer un jour le Patriarche de Moscou.

Le Pape François ne manque pas d’idée ni d’espérance pour favoriser l’unité des Chrétiens, l’unité des hommes. Il a compris que cette unité peut naître au Moyen Orient, avec l’appui du dialogue des religions. Si les Patriarches de Rome et de Constantinople peuvent être des artisans de la réconciliation entre l’Occident et l’Orient, que les fidèles de leurs Eglises soient les premiers à entamer ce chemin de paix.

Source: LPJ. org - Pierre Loup de Raucourt

le 3 décembre 2014

 

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