Jordanie : « nous ne devons pas abandonner le terrain aux extrémistes » (Père Rifat à l'AED-France)

Publié le par Patrice Sabater

Jordanie : « nous ne devons pas abandonner le terrain aux extrémistes » (Père Rifat à l'AED-France)
Jordanie : « nous ne devons pas abandonner le terrain aux extrémistes » (Père Rifat à l'AED-France)

« Nous ne devons pas abandonner

le terrain aux extrémistes »

Depuis des années, le royaume hachémite est une terre de refuge pour les irakiens. Mais ils arrivent aussi par milliers de Syrie, fuyant la guerre et les violences, les conséquences des récentes évolutions politiques et d’un islamisme de plus en plus militant. Beaucoup parmi les chrétiens « ont tout perdu, mais ils n’ont pas renoncé à leur foi », comme l’affirme le Père Rifat Bader. En Jordanie, ce prêtre catholique du Patriarcat latin de Jérusalem (qui couvre Israël, la Jordanie, la Palestine et Chypre) assure la pastorale dans la paroisse de Naour en Jordanie et est chargé des relations avec les médias et des relations publiques en général.

« Dans ma paroisse de Naour, nous vivons et nous prions tous les jour en commun avec quarante réfugiés. Actuellement, l’avenir est sombre. Les chrétiens d’Irak ne veulent pas retourner dans leur patrie, tout ce qu’ils souhaitent, c’est partir pour d’autres pays. Certes, la Jordanie est sûre, mais ils n’ont pas le droit de rester ici. » Aujourd’hui, ajoute-t-il, « de nombreux chrétiens attendent des visas pour pouvoir poursuivre leur voyage dans des pays tiers. Nous les aidons, tout en voulant leur apporter plus que de la nourriture, c’est-à-dire la dignité, et renforcer leur identité. »

Les réfugiés trouvent d’abord un point de chute dans les centres qui leur sont dédiés. Actuellement, l’Église gère sept de ces centres d’accueil. Mais leurs capacités sont insuffisantes. « Nous avons besoin de davantage de centres, car malheureusement, il y aura encore plus de réfugiés à l’avenir », assure le Père Rifat Bader. L’AED apporte son soutien,  notamment par des actions humanitaires et pastorales pour des familles de réfugiés ainsi que des activités pour les enfants et les adolescents.

70% des Jordaniens sont des jeunes

Selon le Père Rifat, il est justement particulièrement important pour l’avenir de la Jordanie de prendre davantage en charge les adolescents: «  Nous sommes en dialogue avec des dirigeants musulmans. Nous nous réunissons lors de conférences mais nous devons aussi accepter que l’on nous pose des questions concernant les résultats concrets de ces rencontres ! 70 % des Jordaniens sont jeunes. Nous ne devons pas rester indifférents à leurs soucis. Nous devons aller plus à leur rencontre. » Selon le prêtre catholique, les extrémistes mettent à profit à des fins de propagande, également sur Internet, le manque de perspectives professionnelles et les graves problèmes sociaux du pays. Le Père Rifat Bader conclut : « Nous ne devons pas abandonner le terrain à ceux-là. Voilà pourquoi il faut donner la parole aux jeunes gens même. Nous voulons réunir des musulmans et des chrétiens de différentes confessions religieuses, ouvrir des portes et chercher des solutions. Nous voulons descendre dans les rues, nous rendre dans les périphéries de l’existence, comme l’a exprimé Sa Sainteté le Pape François. »

Source : AED-France - le 30 décembre 2014