INDE : 200 chrétiens arrêtés à Delhi

Publié le par Patrice Sabater

INDE : 200 chrétiens arrêtés à Delhi

Alors qu’ils manifestaient pacifiquement le 5 février dernier à Delhi pour protester contre les attaques d’églises de plus en plus fréquentes, plus de deux cents catholiques ont été retenus dans un commissariat.

Des femmes, des religieuses, des hommes et des prêtres qui demandaient la protection des communautés chrétiennes ont été bousculés et arrêtés. La « marche pacifique de protestation » était partie de la cathédrale catholique du Sacré Cœur pour se rendre vers la résidence du ministre de l’Intérieur, Rajnath Singh. La police les a empêchés de s’en approcher, prétextant la marche « non autorisée ».

De plus en plus d’églises attaquées

Cette marche fait suite à la dernière profanation, lundi 2 février, de l’église catholique Saint-Alphonsine. Le Père Charles Irudayam, curé de la paroisse, raconte : « nous ne savons pas qui sont les auteurs, ils ont forcé la porte, sont entrés dans l’église, ont commis des actes de vandalisme, dévastant celle-ci. Ils ont ouvert le tabernacle et profané le Très Saint Sacrement, répandant à terre les hosties consacrées. Nous sommes consternés. Rien n’a été volé, il s’est agi d’un geste dont le seul but était de blesser les sentiments de la communauté ».

L’archevêque de Delhi, Son Excellence Mgr Anil Couto, a exprimé ses craintes, suite « au nombre croissant d’attaques contre les églises » dans la métropole indienne. Selon lui, la tendance reflète « une campagne de haine et de fausse propagande de la part de groupes, dont le seul but est de briser l’harmonie religieuse et la paix sociale de cette grande nation ».

Il s’agit du cinquième incident de ce genre à Delhi en moins de deux mois. Le 4 janvier, c’était l’église catholique de la Résurrection dans le Secteur 6 de Rohini, au nord-ouest de New Delhi qui était profanée. Et le 1er décembre 2014, la paroisse Saint-Sébastien avait été victime d’un incendie, qu’on soupçonne d’être criminel. Jeudi 5 février, pour protester contre l’augmentation de ces violences et contre la passivité de la police, le diocèse a donc appelé les fidèles à manifester « pour exiger du gouvernement que tous les lieux de culte soient sécurisés et que les enquêtes de justice soient menées jusqu’au bout afin d’arrêter les coupables ».

Une radicalisation depuis l’élection du nouveau gouvernement

A l’issue de la manifestation, une délégation composée notamment du Vicaire général de l’Archidiocèse de Delhi, le Père Sebastian Susai, de John Dayl, membre de la Commission nationale pour les minorités, d’avocats et des représentants catholiques, a été reçue par le Ministre. Celui-ci a rejeté les accusations de « complicité et d’indifférence de la police », réaffirmant que « le gouvernement ne fait pas de discrimination sur la base de la religion, de la caste ou de la communauté d’appartenance ». L’archevêque demande expressément aux autorités « d’adopter rapidement des mesures adaptées afin de punir les responsables ».

Les violences dans tout le pays se sont sensiblement accrues depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement conduit par le Premier Ministre nationaliste hindou, Narenda Modi, en mai 2014. Alors que le gouvernement a décidé d’ouvrir ce jour, 6 février, une enquête sur les attaques contre les églises, les autorités indiennes viennent de refuser d’accorder des visas à deux responsables de la curie vaticane qui devaient se rendre en Inde prochainement, officiellement pour des « raisons techniques ».

Source : Fides, La Croix (6 février 2015)