TERRE SAINTE : Un séminaire chrétien incendié et vandalisé à Jérusalem

Publié le par Patrice Sabater

TERRE SAINTE : Un séminaire chrétien incendié et vandalisé à Jérusalem

JERUSALEM – Un incendie a éclaté tôt ce jeudi 26 février au matin dans un séminaire grec orthodoxe à Jérusalem et des graffitis blasphématoires écrits en hébreu ont été retrouvés sur les murs. La veille, une mosquée près de Bethléem avait également été incendiée et taguée.

Le feu a commencé vers 4 heures du matin dans les salles d’eaux du séminaire dont les fenêtres avaient été brisées. Les murs du bâtiment ont été vandalisés avec des graffitis ultra-nationalistes, racistes et blasphématoires à l’encontre de la foi chrétienne et de la personne du Christ. Trois équipes de pompiers sont arrivées sur les lieux, situés non loin de la vieille ville, et ont rapidement éteint les flammes, empêchant l’incendie de se propager dans le reste du bâtiment. Personne n’a été blessé.

Le secteur a été fouillé, mais les suspects n’ont pas encore été retrouvés. La police de Jérusalem dit avoir ouvert une enquête sur l’incident qualifié de « crime haineux ». Quant au maire de la ville, Nir Barkat, il a condamné l’incendie criminel et a promis de suivre l’affaire. Dans un contexte politique où l’absence de réactivité et de suivi côté israélien a été à chaque fois pointée du doigt par les victimes de ces attaques, seul l’avenir dira si l’affaire sera véritablement prise au sérieux ou terminera -comme beaucoup d’autres- « classée sans suite ».

Ce n’est pas le premier cas de vandalisme perpétrés par des fanatiques sur des sites chrétiens ou musulmans. Ces attaques sont le plus souvent signées par le groupe "Price Tag" (Le prix à payer), un groupe d’extrême-droite juif qui se livre à des agressions, menaces et actes de vandalisme en tous genres, à l’encontre des lieux de culte chrétiens et musulmans, des villages palestiniens ou arabes israéliens. Il y a deux mois la police a arrêté un homme juif de 21 ans ayant endommagé une croix et une sculpture dans l’abbaye de la Dormition à Jérusalem. Avant l’arrivée du pape François en Terre Sainte en mai dernier, les monastères de Deir Rafat et de Tabgah, mais aussi le bureau des Ordinaires Catholiques à Jérusalem avaient été vandalisés. Le Patriarche Fouad Twal, lors d’une Conférence de Presse avant l’arrivée du Pape le 11 mai 2014, a condamné publiquement ces « actes de vandalisme répétés qui empoisonnent l’atmosphère, l’esprit de coexistence et de coopération ». Le Patriarche a appelé le gouvernement israélien à ne pas s’arrêter à la simple condamnation, déplorant l’absence ou le « trop peu d’arrestations ». Il a enfin rappelé l’importance primordiale de l’éducation des jeunes à la tolérance et au respect mutuel.

Une mosquée incendiée la veille

Ce mercredi matin, une mosquée dans le village d’Al-Jab’a près de Bethléem a été incendiée avant la prière et les graffitis anti-arabes écrits en hébreu et appelant à la vengeance ont été pulvérisés sur ses murs. Un crime condamné par les hauts responsables palestiniens et par les Nations unies.

Ce sont les fidèles qui ont découvert le feu et ont éteint l’incendie. Les murs et les tapis du lieu de prière ont été endommagés, les fenêtres brisées, mais personne n’a été blessé. L’attaque a été explicitement revendiquée par le groupe « Price Tag » qui n’a pas manqué là de laisser sa griffe parmi les graffitis injurieux.

Source : LPJ.org - Myriam Ambroselli

Le 26 février 2015