En attendant Dimanche: 2ème Dimanche de Pâques - Il est VRAIMENT ressuscité !!! Alléluia ! Alléluia ! Alléluia !!!

Publié le par Patrice Sabater

En attendant Dimanche: 2ème Dimanche de Pâques - Il est VRAIMENT ressuscité !!! Alléluia ! Alléluia ! Alléluia !!!
En attendant Dimanche: 2ème Dimanche de Pâques - Il est VRAIMENT ressuscité !!! Alléluia ! Alléluia ! Alléluia !!!
En attendant Dimanche: 2ème Dimanche de Pâques - Il est VRAIMENT ressuscité !!! Alléluia ! Alléluia ! Alléluia !!!

Les textes de ce dimanche nous plongent dans ce Mystère qui demeure « folie » pour les uns et « sagesse » pour les autres... La vie terrestre de Jésus a été parsemée de ces moments foisonnants de questions. Je me demande toujours comment j’aurais réagi à la place des disciples, des Apôtres et du tout-venant. Oui, comment ? C’est pour moi une question de foi. C’est LA question. Miracles, guérisons, résurrection ou « relèvement » de Lazare, Corps donné et Sang versé à la Dernière Cène..., et Résurrection le Troisième Jour !!! Ça a l’air d’aller de soi mais, en fait, si nous réfléchissons bien à ce que nous disons et à ce que nous croyons, ça ne va pas DU TOUT de soi ! NON. Il faut faire un effort et, quand l’effort n’est certes pas suffisant, c’est la Grâce qui agit en moi, en nous et qui laisse place à ce que nous appelons la FOI. On aura beau disserté sur la foi de Thomas et penser qu’il est benêt et mal dégourdi tout comme Pierre. Oui, on aura tendance à entrer en jugement... 2000 ans après ! Mes Frères et mes Sœurs, Thomas nous ressemble tellement. Il est tellement notre « double », notre « Jumeau » !

La foi de ce matin déborde encore comme au premier jour. Néanmoins, il faudra encore un peu de temps aux Apôtres pour accepter, pour comprendre par le cœur en accueillant l’Esprit Saint, pour entrer dans le mouvement de la foi. Foi toute intérieure, intime, et qui pousse à aller par les chemins. « C’est avec une grande puissance que les Apôtres rendaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, et une grâce abondante reposait sur eux tous ». (Ac 4) Les disciples au Cénacle demeurent dans l’attente et dans la peur, et voici que le Christ vient à eux. « Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » (Jn 20) Mais, avec Thomas, la foi a du retard. On ne comprend qu’après coup, surtout si on expérimente par la vue, le toucher ou le goût. Ici, le toucher et la vue suffisent... « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Comme Thomas, le monde attend de l’Eglise qu’elle montre et qu’elle démontre la foi. Le monde attend de nous que nous correspondions, que les choses aillent de soi, et que Dieu soit de leur côté !!! Mais voilà, la foi ce n’est pas cela. La foi, c’est surtout entrer dans un abandon, se laisser aimer et aimer « à la manière du Christ »... La foi, c’est cette Pâque que vont vivre aujourd’hui nos Frères et Sœurs en Egypte, et en orthodoxie.

Pâques est, pour les orthodoxes, l'événement le plus important de la Foi chrétienne. Durant les premiers siècles, les chrétiens d'Orient et d'Occident ne fêtaient pas Pâques à la même date. Les Églises d'Orient restent proches des traditions juives. Ce fut au Concile de Nicée, en 327, que la date de Pâques et son calcul furent arrêtés. Ensuite, le 4 octobre 1582, le Pape Grégoire XIII décida de passer au calendrier grégorien et, ainsi, de rattraper immédiatement 10 jours pour passer du 4 octobre au 15 octobre. Les Églises d'Orient ont conservé le calendrier julien, menant à une date différente pour Pâques dans la majorité des cas. Cette année, par exemple, la fête tombe soit le 12 avril ou soit le 25 avril selon les Eglises. Les Catholiques sont déjà dans l’Octave de Pâques !

Que font nos Frères ? Une procession est organisée le samedi à minuit. Les fidèles reçoivent des cierges qu'ils viennent allumer dans l'église plongée dans l'obscurité. Le prêtre apparait muni d'une bougie, annonce “Venez prendre la lumière à la Lumière sans déclin et glorifiez le Christ ressuscité d'entre les morts.”, puis fait passer la bougie de main en main pour allumer les cierges. Venant à la rencontre des fidèles, il annonce la Résurrection avec le Tropaire suivant, que les fidèles reprennent en chœur :

Χριστός Ανέστη εκ νεκρών
Θανάτω θάνατον πατήσας
Και τοις εν τοις μνήμασι
Ζωήν χαρισάμενος

Christos Anesti ek nekron
Thanato thanaton patisas
Kai tois en tois mnimasi
Zoin charisamenos

Le Christ s'est levé des morts. 
Par sa mort, la mort il a piétiné. 
Et à ceux dans les tombeaux, 
La vie il leur a accordé.


Après cette annonce, chacun embrassera son voisin en échangeant du Christos Anesti / Alithos Anesti (Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !!!), tandis que les plus jeunes improviseront un feu d'artifice. Auparavant, le prêtre aura transmis la Lumière Sainte arrivée droit de Jérusalem en appelant Defte lavete fos (grec, Δεύτε λάβετε φως, c'est-à-dire Venez recevoir la Lumière, ce qui provoquera une joyeuse bousculade puisque chacun s'empressera pour  y allumer son cierge, sa lambada. Cette flamme, chacun tentera de la préserver jusqu'à la maison où, avec la fumée, on tracera une croix sur l'épistyle de la porte d'entrée, puis on allumera les chandelles de l'eikonostasion, le mini-temple familial. Une procession autour de l'église est parfois effectuée, les croyants sont alors munis de la croix et des icônes. Une personne reste dans l'église durant la procession (ou la cérémonie devant l'église), ferme les portes d'entrée et est chargée d'allumer tous les cierges et lampes restantes, et de faire brûler l'encens. La procession arrive devant les portes closes et le prêtre lit le récit de la résurrection, puis encense. Les portes de l'église sont ensuite ouvertes et la procession pénètre dans l'allée centrale illuminée. Le prêtre interpelle les croyants “Le Christ est ressuscité” et ces derniers répondent "En vérité, Il est ressuscité !”. Deux chœurs psalmodient plusieurs odes pendant que le prêtre encense l'église. À la fin de la liturgie et des chants, le prêtre tenant l'évangéliaire se poste devant les portes du sanctuaire (iconostase placée devant l’autel). Les fidèles viennent baiser l'évangile, puis c’est le moment de l'homélie pascale autour de la figure de saint Jean Chrysostome qui vient  clôturer la cérémonie.

On terminera la soirée autour d'une magiritsa, une soupe à base d'entrailles d'agneau, et on cassera les œufs rouges. Après la compétition qui consiste à briser l'œuf des autres en cognant les deux extrémités, le plus chanceux s'en sortira avec l'œuf intact. Au lendemain, dimanche des Pâques, la nouvelle journée commencera avec les préparatifs de la souvla (broche) et le psissimo (rôtissage) de l'agneau. Le dimanche après-midi est célébré le “dimanche de l'Amour”. L'Évangile de Jean est lu lors des grandes vêpres en plusieurs langues afin que les différents peuples présents en cette liturgie puissent comprendre la Parole de Dieu.

Christos anèsti ! - Alethôs anèsti !/ Christ est ressuscité ! - Il est vraiment ressuscité ! Χριστός Ανέστη ! / Christos Anesti ! / Christ est ressuscité ! La salutation pascale résonne de partout... Christos Anesti est la salutation que les chrétiens orthodoxes s'échangent pendant les quarante jours qui suivent la Résurrection de Jésus, c'est à dire de la Pâque jusqu'à l'Ascension. Christos Anesti signifie Le Christ est ressuscité ! On y répond Alithos Anesti ! (en grec Αληθώς Ανέστη) ; c’est-à-dire : En vérité il est ressuscité !

Ce matin encore, chers amis, il nous faut chanter et crier la résurrection du Christ en ce Temps Pascal. C’est une espérance pour le monde, et une source de joie et de vie qui se donne... Dans ta prière, aujourd’hui, n’oublie pas le Thomas qui est en toi. N’oublie pas non plus les Thomas qui sont chez toi, sous ton toit ; et peut-être autour de toi !!!

Dis-le ! Chante-le ! Le Christ, Ton Seigneur, EST RESSUSCITE ! ... C’est déjà ta propre résurrection qui est en chemin !!!

Père Patrice Sabater Pardo, cm

Le 12 avril 2015,

Deuxième Dimanche de Pâques