TERRE SAINTE : Sur la terre du Christ, Pâques en deux temps

Publié le par Patrice Sabater

TERRE SAINTE : Sur la terre du Christ, Pâques en deux temps

Les célébrations de Pâques sont à peine terminées qu’elles recommencent,

le jeudi 9 avril 2015 !

En raison d’un décalage d’une semaine,

Jérusalem se trouve à nouveau bouclée pour la fête de Pâques,

célébrée cette fois-ci par les Orthodoxes.

Beaucoup de paroisses latines en Palestine, Jordanie ou Chypre sont dans le même cas.

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Une semaine après l’Eglise catholique, les Orthodoxes des différentes Eglises revêtent les ornements liturgiques et entrent dans leur Triduum pascal jusqu’au dimanche 12 avril, leur jour de Pâques.

Un tel décalage arrive souvent, car la coïncidence de la date de Pâques pour l’Eglise catholique et pour les Eglises orthodoxes n’est pas fréquente. Mais si dans beaucoup de pays cette fête se déroule en deux temps de manière inaperçue, les conséquences de ce décalage sont nombreuses en Terre Sainte, et particulièrement à Jérusalem, au lieu même de la Résurrection.

La première est un problème d’unité. Après en avoir discuté avec le Patriarche de Constantinople, le Pape François l’avait évoqué dans l’avion qui le ramenait de son voyage en Terre Sainte en mai 2014 : « C’est un peu ridicule : « Dis-moi, ton Christ, quand est-ce qu’il ressuscite ? La semaine prochaine. Ah, le mien a ressuscité la semaine dernière ». La date de Pâques est un signe d’unité. » C’est pourtant bien ce qui se passe dans l’échange des vœux qui a déjà commencé entre Chrétiens, certains après et d’autres avant leur messe de Pâques.

La différence des calendriers engendre également le blocage des rues de Jérusalem aux alentours du Saint Sépulcre. Pour la deuxième semaine consécutive, il est difficile de circuler ou d’accéder aux Lieux saints. Les foules, pourtant peu nombreuses cette année, se pressent et compressent les fidèles arrivés de bonne heure. Echanges d’amabilités entre fidèles, policiers, touristes ou pèlerins devient monnaie courante dans les petites rues de la Ville Sainte, pas bâtie pour les afflux de masse.

Les Latins à la même heure que les Orthodoxes

Le mercredi 8 avril, le Patriarche Fouad Twal est parti en Jordanie pour célébrer lui aussi une deuxième semaine sainte auprès des catholiques latins du Royaume Hachémite. A Chypre et en Palestine, même constat : il faut attendre dimanche prochain pour leur souhaiter une joyeuse fête.

Sensible au problème de l’unité, l’Assemblée des Ordinaires catholiques de Terre Sainte (AOCTS) a adressé avant le Carême une lettre aux curés des paroisses pour leur demander de célébrer le Triduum en même temps que les Orthodoxes. Sauf à Jérusalem et Bethléem, où le Statu Quo entre les différentes Eglises empêche tout changement. « L’Eglise a écouté la voix des fidèles, et, depuis longtemps déjà, fêter Pâques ensemble, catholiques et orthodoxes, selon le calendrier julien, est devenu une praxis normale ; c’est un point acquis que l’on ne peut changer », précise la lettre. « Toute demande d’une exception au principe général doit se faire dans la foi et la charité ayant comme but la garde de l’unité de l’Eglise ».

De Jérusalem est venue l’annonce du tombeau vide que tous les Chrétiens partagent. 2000 ans plus tard, si l’Eglise de Jérusalem, l’Eglise mère, parvenait à ré-unir ses fidèles pour une seule et même Pâques, le message du Ressuscité n’aurait que plus de force.

Source: Lpj.org - le 9 avril 2015

Pierre Loup de Raucourt