ROME/ Terre Sainte : Deux saintes arabes - palestiniennes - canonisées ce dimanche à Rome par le Pape François

Publié le par Patrice Sabater

ROME/ Terre Sainte : Deux saintes arabes - palestiniennes - canonisées ce dimanche à Rome par le Pape François
ROME/ Terre Sainte : Deux saintes arabes - palestiniennes - canonisées ce dimanche à Rome par le Pape François

Bse Myriam Baouardy

Co-Patronne

de l'Association "Béthanie-Lumières d'Orient"

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aujourd'hui canonisée

Soyons dans la joie !!!

 

Les deux premières saintes palestiniennes seront canonisées dimanche 17 mai à Rome. Cet événement est accueilli avec joie par des chrétiens d’Orient en proie à de grandes souffrances

Quand elle ouvre ses fenêtres, Clémence Handal ne voit qu’un haut mur de béton. Cette Palestinienne de Bethléem, fervente chrétienne de 67 ans, vit à quelques pas de la fameuse « barrière de sécurité » qui sépare Israël de la Cisjordanie depuis 2002. « Cela fait mal, confie-t-elle. Avant, je pouvais voir Jérusalem depuis chez moi… Notre vie n’est pas facile mais je reste confiante, car Dieu se charge de tout. » La canonisation ce dimanche des deux premières saintes de son pays semble lui redonner de la force. « Ces religieuses sont un modèle pour nous, assure Clémence. Elles ont su transformer toutes leurs épreuves en joie, pour la gloire de Dieu. »

« Deux étoiles dans la nuit de notre vie »  : voilà aussi comment Sœur Férial, la seule Palestinienne du Carmel de Bethléem, décrit Sœur Mariam Baouardy (1846-1878) et Mère Marie-Alphonsine Ghattas (1843-1927). Ces deux catholiques latines, respectivement natives de Galilée et de Jérusalem, ont fondé pour l’une le Carmel de Bethléem, pour l’autre la congrégation des Sœurs du Rosaire. « Cette double canonisation est une joie pour tous les chrétiens de Palestine, poursuit Sœur Férial. Nous l’attendons depuis longtemps et je crois que c’est le bon moment aujourd’hui. »

Comme un appel à croire en un avenir meilleur

Alors que la Syrie et l’Irak voisins sont plongés dans le chaos et qu’Israël poursuit son occupation de la Cisjordanie, cet événement sonne en effet pour les chrétiens de Terre Sainte comme un appel à croire en un avenir meilleur.

Il faut dire que ces religieuses arabes ont connu elles aussi beaucoup d’épreuves. Ainsi, Sœur Mariam Baouardy, dite « de Jésus crucifié » : orpheline à l’âge de 3 ans, elle a été rejetée par sa famille à cause de son refus de se marier, persécutée pour sa foi, prise pour une folle et une possédée… « Dans certains moments d’extase, elle expérimentait un lien très fort avec les martyrs chrétiens de son époque, explique Sœur Anne-Françoise Debelmas, prieure française du Carmel. Je suis sûre qu’elle continue d’intercéder pour leurs successeurs d’aujourd’hui en Orient. »

De fait, des chrétiens arabes se rendent régulièrement au Carmel de Bethléem pour y prier Dieu par l’intercession de la future canonisée. Au Patriarcat latin de Jérusalem, le chargé de la communication Firas Abedrabbo la décrit comme un « phénomène » : « Elle avait les dons de prophétie, de lévitation, les stigmates… » Il ajoute qu’en Orient, on croit spontanément en ces manifestations d’ordre surnaturel. « En Occident, c’est différent et c’est d’ailleurs pour cela, peut-être, que Sœur Mariam n’a pas été canonisée plus tôt », avance-t-il.

Permettre à certains chrétiens de Terre sainte de renouer avec leur foi

Enracinées dans la culture locale, ces deux femmes touchent les chrétiens de Palestine par leur simplicité – Mariam était illettrée, et Marie-Alphonsine a consacré sa vie à un travail pastoral, en aidant les plus pauvres. Firas Abedrabbo y voit des exemples de la « sainteté des gens ordinaires ».

Sœur Marie-Alphonsine, l’autre future sainte, a marqué par sa discrétion, fondant la congrégation du Rosaire sans que jamais personne sache, jusqu’à sa mort, qu’elle en était à l’origine. Cette entreprise lui avait été inspirée par des apparitions mariales – un privilège céleste dont elle se croyait indigne. « Pourquoi n’avez-vous pas fait cela dans les pays des riches, en Europe ? », aurait-elle demandé à la Vierge qui lui aurait répondu : « C’est dans ce pays que j’ai vécu la joie, la tristesse et la gloire. »

Le Patriarcat latin espère que l’événement permettra à certains chrétiens de Terre sainte de renouer avec leur foi. Ils devraient être environ 800 à Rome le dimanche 17 mai, et des Palestiniens de la diaspora feront également le déplacement. Cet événement pourrait ainsi fédérer une communauté chrétienne de Terre sainte en proie à une émigration massive : moins de 20 % de ses membres vivent encore dans leur pays d’origine.

Mélinée Le Priol, à BETHLÉEM

Source : La Croix.com - le 15/5/15