RECENSION... Taybeh, Dernier village chrétien de Palestine

Publié le par Patrice Sabater

RECENSION... Taybeh, Dernier village chrétien de Palestine

Taybeh,

Dernier village chrétien de Palestine

Le village de Taybeh, à quelques encablures de Ramallah, est le dernier refuge du Christ avant d’entrer dans sa Passion (Jn 11,54). C’est ici à Ephraïm qu’il se retire et que, dit-on, sa mère est venue le rejoindre... La tradition veut que ce soit Saladin qui donne ce nom à ce village. Il provient de l’arabe tayyeb ; ce qui signifie : « bon », « belle », « beau », « gentil ».

C’est, ici, une terre de mémoire qui porte les racines de tout un peuple et principalement des chrétiens des Territoires à la foi enracinée au cœur des oliviers et des roches multiséculaires. On ne craint pas, d’ailleurs, de faire mémoire du passage d’Abraham et de son clan dans la contrée... « Taybeh est chrétienne depuis l’origine et le restera jusqu’à la fin ! Nous serons chrétiens jusqu’à la mort ! », avertit un des participants à la fête de Noël... « Terre des hommes et de Dieu », Taybeh est le pays de l’huile qui ne saurait manquer, et « lorsqu’elle manque – selon la Bible – c’est le châtiment de Dieu causé par l’infidélité. Au contraire, l’abondance est signe de salut ». L’ouvrage qui nous est présenté est un livre à double face, non pas par le nombre des auteurs mais par l’intention principielle. La visée n’est pas de décrire un village comme étant devenu un musée des arts et traditions populaires remémorant le temps révolu, mais comme un lieu de vie, de mémoire et d’espérance. Taybeh n’a jamais été à l’écart de l’histoire de cette terre depuis les origines chrétiennes et les époques se succédant : byzantines, Croisades, colonisation, présence britannique, jordanienne, Nakba en 1948, les deux Intifada, les Accords d’Oslo... Le village les a traversées avec courage, abnégation et foi. Peut-être cela est-il dû au caractère communautaire, de respect et de dialogue, œcuménique de ce lieu. Les trois confessions chrétiennes grecque-orthodoxe, latine et melkite (grecque-catholique) accomplissent ici les prémices de la prière du Christ pour l’unité des chrétiens. La bonne entente entre les pasteurs de ce village palestinien fait le reste... Au cœur du récit, les auteurs présentent l’histoire des prêtres qui se sont succédé et qui ont fait de ce village ce que nous connaissons aujourd’hui. A Taybeh, on ne reste pas les bras croisés. On n’attend pas, oisifs, que le temps passe. On l’accompagne... On agit parce qu’on est motivés par le passé et on essaye d’améliorer le présent, en rêvant à demain... un demain où les palestiniens de Taybeh seraient en grande partie de retour, libres du poids de l’occupation... Malgré les difficultés, le sémillant et hyperactif Père Raed, ancien curé de Taybeh, se démène. « Il fonde le pressoir à l’huile d’olive, la maison d’accueil des personnes âgées et la nouvelle maison des hôtes, l’atelier des lampes de la paix, la station radiophonique, il agrandit le Centre médical Caritas, il restaure l’église et soutient la restauration du vieux village, dynamise l’accueil des pèlerins... ». Il soutient également la venue de jeunes volontaires, dynamise la « Maison des Paraboles », soutient la création de la brasserie qui fabrique la seule bière de Palestine, promeut la fête de la bière, encourage les rencontres œcuméniques... Il est, aujourd’hui, Directeur de la Caritas à Jérusalem.

Ce récit écrit à deux mains n’est pas seulement ce que nous pourrions appeler un récit d’éthno-anthropologie. Il est un récit de vie, une trace dans l’histoire des hommes de Palestine, des chrétiens entourés de villages musulmans. La guerre, le conflit israélo-palestinien, la Nakba, le désespoir, la honte, la terre, les murs et les barbelés, les checks points, l’impossibilité de pouvoir se déplacer comme l’on veut, la mémoire qui pleure de cette terre et l’espoir d’un matin qui chante sont la trame de fond de cet ouvrage. Taybeh serait-elle le dernier carré des chrétiens de Palestine ?

Père Patrice Sabater Pardo, cm,

le 9 juin 2105

 

Falk van Gaver ; Kassam Maadi,

Taybeh - Dernier village chrétien de Palestine

EDITIONS du ROCHER  

Prix: 17,90 €

192 pages

ISBN 978-2-268-07642-3

Taybeh,

Dernier village chrétien de Palestine

Le village de Taybeh, à quelques encablures de Ramallah, est le dernier refuge du Christ avant d’entrer dans sa Passion (Jn 11,54). C’est ici à Ephraïm qu’il se retire et que, dit-on, sa mère est venue le rejoindre... La tradition veut que ce soit Saladin qui donne ce nom à ce village. Il provient de l’arabe tayyeb ; ce qui signifie : « bon », « belle », beau », « gentil ».

C’est, ici, une terre de mémoire qui porte les racines de tout un peuple et principalement des chrétiens des Territoires à la foi enracinée au cœur des oliviers et des roches multiséculaires. On ne craint pas, d’ailleurs, de faire mémoire du passage d’Abraham et de son clan dans la contrée... « Taybeh est chrétienne depuis l’origine et le restera jusqu’à la fin ! Nous serons chrétiens jusqu’à la mort ! », avertit un des participants à la fête de Noël... « Terre des hommes et de Dieu », Taybeh est le pays de l’huile qui ne saurait manquer, et « lorsqu’elle manque – selon la Bible – c’est le châtiment de Dieu causé par l’infidélité. Au contraire, l’abondance est signe de salut ». L’ouvrage qui nous est présenté est un livre à double face, non pas par le nombre des auteurs mais par l’intention principielle. La visée n’est pas de décrire un village comme étant devenu un musée des arts et traditions populaires remémorant le temps révolu, mais comme un lieu de vie, de mémoire et d’espérance. Taybeh n’a jamais été à l’écart de l’histoire de cette terre depuis les origines chrétiennes et les époques se succédant : byzantines, Croisades, colonisation, présence britannique, jordanienne, Nakba en 1948, les deux Intifada, les Accords d’Oslo... Le village les a traversées avec courage, abnégation et foi. Peut-être cela est-il dû au caractère communautaire, de respect et de dialogue, œcuménique de ce lieu. Les trois confessions chrétiennes grecque-orthodoxe, latine et melkite (grecque-catholique) accomplissent ici les prémices de la prière du Christ pour l’unité des chrétiens. La bonne entente entre les pasteurs de ce village palestinien fait le reste... Au cœur du récit, les auteurs présentent l’histoire des prêtres qui se sont succédé et qui ont fait de ce village ce que nous connaissons aujourd’hui. A Taybeh, on ne reste pas les bras croisés. On n’attend pas, oisifs, que le temps passe. On l’accompagne... On agit parce qu’on est motivés par le passé et on essaye d’améliorer le présent, en rêvant à demain... un demain où les palestiniens de Taybeh seraient en grande partie de retour, libres du poids de l’occupation... Malgré les difficultés, le sémillant et hyperactif Père Raed, ancien curé de Taybeh, se démène. « Il fonde le pressoir à l’huile d’olive, la maison d’accueil des personnes âgées et la nouvelle maison des hôtes, l’atelier des lampes de la paix, la station radiophonique, il agrandit le Centre médical Caritas, il restaure l’église et soutient la restauration du vieux village, dynamise l’accueil des pèlerins... ». Il soutient également la venue de jeunes volontaires, dynamise la « Maison des Paraboles », soutient la création de la brasserie qui fabrique la seule bière de Palestine, promeut la fête de la bière, encourage les rencontres œcuméniques... Il est, aujourd’hui, Directeur de la Caritas à Jérusalem.

Ce récit écrit à deux mains n’est pas seulement ce que nous pourrions appeler un récit d’éthno-anthropologie. Il est un récit de vie, une trace dans l’histoire des hommes de Palestine, des chrétiens entourés de villages musulmans. La guerre, le conflit israélo-palestinien, la Nakba, le désespoir, la honte, la terre, les murs et les barbelés, les checks points, l’impossibilité de pouvoir se déplacer comme l’on veut, la mémoire qui pleure de cette terre et l’espoir d’un matin qui chante sont la trame de fond de cet ouvrage. Taybeh serait-elle le dernier carré des chrétiens de Palestine ?

Père Patrice Sabater Pardo, cm

Falk van Gaver ; Kassam Maadi,

Taybeh - Dernier village chrétien de Palestine

EDITIONS du ROCHER

Prix: 17,90 €

192 pages

ISBN 978-2-268-07642-3