Des Filles de la Charité, à Istanbul... Hôpital de la Paix. Une histoire de coeur...

Publié le par Patrice Sabater

Des Filles de la Charité, à Istanbul... Hôpital de la Paix. Une histoire de coeur...Des Filles de la Charité, à Istanbul... Hôpital de la Paix. Une histoire de coeur...Des Filles de la Charité, à Istanbul... Hôpital de la Paix. Une histoire de coeur...
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Du coeur à pleine main à l'école de saint Vincent-de-Paul...

Des Filles de la Charité à Istanbul

 

Voici un petit texte de Soeur Catherine, Supérieure des Filles de la Charité, d'une des communautés d'Istanbul. Ce texte a été écrit en collaboration avec ses consoeurs. A un âge déjà avancé ces Filles de Saint Vincent de Paul ont répondu à l'appel de la précarité, à l'appel de réfugiés par la bouche de Nathalie Ritzmann - journaliste et photographe - résidant à Istanbul depuis plusieurs années. Les photos ci-jointes sont de Nathalie. Je la remercie.

Ces Soeurs de saint Vincent-de-Paul font un travail extraordinaire, délicat, touchant..., et surtout plein d'humilité et de tendresse. Comme elles sont belles ces mains qui donnent et qui accompagnent les pauvres... en Turquie. Elles accueuillent le chrétien comme le frère ou la soeur qui passe, et qui pourtant ne prie pas Dieu de la même façon ni parfois avec les mêmes mot. A Dieu vat ! La charité n'a pas de frontière, n'est-ce pas ?!?

***

Istanbul, énorme ville grouillante de monde et de bruit où se mêlent les races, les cultures et les religions…, une ville tout en contraste, pleine de merveilles, où affluent les touristes dont les pas frôlent  la misère accroupie au ras du sol….

En venant de France, tout d’abord pour soigner les soldats blessés de la guerre de Crimée, les Filles de la Charité ont créé cet hôpital pour accueillir et soigner toutes sortes de souffrances, quelles que soient les origines, les langues et les croyances des personnes en grande pauvreté

Peu à peu, les sœurs se sont spécialisées dans les soins des malades psychiatriques, plus délaissés que les autres et l’hôpital de la Paix est devenu le premier hôpital psychiatrique de Turquie qui accueille aussi des malades dépendant de l’alcool ou de la drogue

Construit en pleine nature, l’hôpital s’est peu à peu retrouvé enclos par de grands immeubles et de hautes tours au cœur d’un quartier moderne au trafique incessant. Mais passer par le sas d’entrée de cet hôpital, c’est pénétrer dans un bel espace de calme et de sérénité qui surprend dans l’univers du bruit et du mouvement de la ville…

Durant plus de 160 ans, les sœurs ont totalement assuré la vie de l’hôpital, maintenant confié à la responsabilité d’un directeur laïc. Aujourd’hui, les malades et l’ensemble du personnel qui vivent ou travaillent dans notre hôpital sont presque tous turcs et musulmans. Sur environ 300 personnes, il n’y a plus qu’une dizaine de chrétiens de différentes confessions

Nous sommes une communauté de 6 sœurs, de cinq nationalités différentes… Vietnam, Italie, Slovénie, Grèce, France. Notre présence aujourd’hui n’est plus la même. Nous sommes appelées à être discrètement témoins de la tendresse du Christ pour ces malades si disloqués au plus profond de leur être. Tous ont continuellement  besoin de soins médicaux très spécialisés, mais aussi d’activités diverses et plus encore de présence amicale. Et nous avons aussi mission de manifester la joie du Christ auprès de ceux qui donnent le meilleur d’eux-mêmes pour leurs frères en souffrance. Nous assurons des services humbles et discrets de lingerie, d’animation, de soins et surtout des temps d’accompagnement dans l’amitié… Les relations sont très respectueuses et amicales, les turcs ont une grâce de courtoisie qui est très agréable

Dans cette belle cordialité, nous avons voulu marquer leurs principales fêtes religieuses et les nôtres. A l’approche de chaque fête, la communauté prépare des sachets de bonbons ou de petits biscuits fabriqués par nous, et personnalisés selon la fête Nous allons les offrir à toutes les personnes qui vivent ou travaillent à l’hôpital, ainsi qu’aux visiteurs du jour.

Mais la souffrance nous attend aussi hors de l’hôpital   

Elle est là, le long des rues, tapie au pied de nos murs, même dans le froid et sous la pluie…

Elle est là, dans les Roms, dont on a rasé  les misérables logements, au plus froid de l’hiver et qui n’ont rien pu récupérer du peu qu’ils avaient… Interpelées par des personnes au grand cœur nous avons avec elles, collecté, trié, rafraîchi, déménagé...

Elle est là, dans les réfugiés, de plus en plus nombreux, éparpillés dans la ville, ceux dont la survie dépend de notre bonne volonté…Touchées au cœur, nous avons rejoint une association qui offre aux réfugiés: consultations médicales, nourriture, et démarches administratives….

Pour les réfugiés entassés dans les camps comme celui d’Adana, au sud de la Turquie, nous sommes de nouveau interpelées et mobilisées… Chaque appel nous ouvre à de nouvelles rencontres riches de dialogue et d’amitié.

Et nous voici invitées à la prison Ümraniye ou règne un bienfaisant climat de respect et de sérénité.

Oui, nous reviendrons les applaudir ces détenus qui ont si magnifiquement interprété une joyeuse comédie, nous faisant rire, alors que ne comprenions pas le langage…

Une merveilleuse rencontre avec les détenus, le directeur, les gardiens et les animateurs si joyeusement amicale et si profondément émouvante.

Partout, nous rencontrons des personne admirables de cordialité et de générosité… Et comme partout  à Istanbul  un brassage de cultures, de croyances et de langues… Quelle richesse !

Dans ces services des pauvres, à l’intérieur comme à l’extérieur, nous sommes au coude à coude et au cœur à cœur avec des personnes qui donnent le meilleur d’elles-mêmes.  Et nous en recevons la joie en partage…

Vivre auprès de ceux que la fragilité humaine, la détresse, ou la souffrance rendent si vulnérables…, unir nos petites possibilités à celles de ceux qui s’engagent au service de la justice et de l’amour, nous met le cœur en allégresse !

Il y a un magnifique contre poids de lumière dans la balance de la violence et de la souffrance du monde, quand on laisse éclore et se déployer le meilleur de soi-même…

Pour toutes ces merveilles humaines qui fleurissent nos jours, notre communauté magnifie souvent le Seigneur.

Soeur Catherine, Supérieure des Filles de la Charité

de l'Hôpital La Paix d'Istanbul (Turquie)

 

ps: Nathalie Ritzmann sait voir un peu plus loin et par le coeur là où il faut agir. Elle le fait d'autant mieux qu'elle y est aidée par les Filles de la Charité et bien d'autres amis turcs et européens. Il est possible de consulter son site: dubretzelausimit.com - http://www.dubretzelausimit.com/article-27697035.html

Pour mieux la connaître: Portrait d’une Turcophile alsacienne: Nathalie Ritzmann (http://www.bleublancturc.com/Turcophilie/Nathalie_Ritzmann.htm)