Quel bilan pour 2015, quelles perspectives pour 2016, le regard des chrétiens de Terre Sainte ?

Publié le par Patrice Sabater

Quel bilan pour 2015, quelles perspectives pour 2016, le regard des chrétiens de Terre Sainte ?

Quel bilan pour 2015, quelles perspectives pour 2016,

le regard des chrétiens de Terre Sainte ?

 

TERRE SAINTE – En ce début d’année 2016, nous avons rencontré des figures chrétiennes de Terre Sainte qui ont accepté de nous livrer leur regard sur l’année écoulée et leurs attentes pour l’année à venir. Alors que ces derniers mois ont été d’une grande violence, aussi bien au niveau local que dans l’ensemble du monde, Monseigneur Lahham, évêque auxiliaire et vicaire patriarcal pour la Jordanie, et Samer, jeune chrétien de Bethléem, nous livrent un regard qui, loin de nier la réalité, reste tourné vers l’espérance en des jours meilleurs.

Monseigneur Maroun Lahham, vicaire patriarcal pour la Jordanie.

L’année 2015 a été une année de violence et de sang. Le fait le plus frappant est l’arrivée des chrétiens irakiens avec des souffrances morales indescriptibles. Au niveau spirituel, c’était l’année de la vie consacrée, avec plusieurs activités avec les congrégations religieuses présentes en Jordanie.

De l’année qui arrive, j’attends (j’espère) la fin du conflit syrien et irakien. Pour la Jordanie, qu’elle reste préservée de la violence qui sévit dans les autres pays arabes. Pour les chrétiens de Jordanie, qu’ils restent dans le pays malgré les menaces et qu’ils continuent à témoigner de l’esprit chrétien à l’égard des réfugiés syriens et irakiens. Pour le monde, que les grands du monde finissent par préférer le bien commun de l’humanité à leurs intérêts propres.

Samer, 25 ans, jeune chrétien de Bethléem

L’année 2015 a été remplie de peur, d’espérance, mais surtout de nouvelles opportunités et de belles rencontres. A travers l’enseignement de l’arabe aux internationaux, je me suis fait de très bons amis qui ont su reconnaître aussi bien mon identité chrétienne que palestinienne.

D’autre part, j’ai participé cette année à un cours dans un centre qui m’a permis de reprendre contact avec un art ancien né dans mon pays : celui de l’iconographie. Ce centre m’a aidé à grandir spirituellement et à enrichir mes connaissances dans le domaine de la théologie et des Saintes Ecritures. Pour moi, ce centre représente le pouvoir de la présence chrétienne dans un temps et un lieu, le Moyen Orient, où les chrétiens sont persécutés et chassés hors de leurs maisons, de leurs écoles et de leurs églises. C’est le symbole d’une véritable résistance et un moyen d’affirmer que les chrétiens en Palestine sont là pour rester et prospérer.

L’évènement de l’année qui m’a le plus marqué et demeure dans mon esprit est la crise des réfugiés. Ces Irakiens et Syriens qui quittent leur terre natale et risquent leurs vies pour essayer de recommencer dans des pays voisins ou à l’autre bout du monde. Lorsque le pape François a demandé aux églises et aux personnes d’ouvrir les portes et d’accueillir les réfugiés, j’ai réalisé que nous pouvions mettre notre compassion, notre amour, notre bon cœur dont Dieu nous a fait le don, en action. J’ai réalisé que l’amour n’était pas juste un mot, mais une action.

Pour l’an prochain, j’espère que les chrétiens de Terre Sainte vont pouvoir grandir dans la foi. De la même manière, ils doivent se souvenir que sans eux, la Terre Sainte va perdre son identité de lieu de naissance du christianisme.

Source : Patriarcat Latin de Jérusalem - propos recueillis par Calixte des Lauriers

Photo: Thomas Charrière