Terre Sainte : Père Frans Bouwen - Quelle évolution pour le dialogue œcuménique en 2015 ?

Publié le par Patrice Sabater

Terre Sainte : Père Frans Bouwen - Quelle évolution pour le dialogue œcuménique en 2015 ?
Terre Sainte : Père Frans Bouwen - Quelle évolution pour le dialogue œcuménique en 2015 ?

BETHLEEM – Le dimanche 17 janvier 2016, au monastère de l’Emmanuel s’est tenue une conférence sur l’actualité œcuménique. Le Père Frans Bouwen, Père Blanc, et spécialiste des Églises orientales et du dialogue avec les Églises Chrétiennes d’Orient a présenté l’avancée du dialogue œcuménique pour l’année 2015.

Comme tous les ans depuis 1972, la Semaine de prière pour l'Unité des Chrétiens - se déroulant à Jérusalem une semaine après le reste du monde pour permettre aux Chrétiens Arméniens de fêter Noël – est précédée en Terre Sainte par une conférence du Père Frans Bouwen, Père Blanc, sur l’actualité œcuménique de l’année passée. Il a présenté un état général du dialogue œcuménique en développant trois axes : un regard global sur l’œcuménisme dans le monde, suivi d’une présentation de la situation œcuménique au Moyen-Orient, puis à Jérusalem.

Le Père Bouwens a rappelé quelques évènements majeurs de l’année 2015 comme les 50 ans de la levée des anathèmes ou la parution de l’encyclique « Laudato Si » du Pape François qui cite pour la première fois dans un tel document, le Patriarche de Constantinople Bartholomeos Ier, lui-même très impliqué sur la question de sauvegarde de la création. La parution de ce texte avait eu un impact très positif sur le dialogue entre l’Église Catholique et le Patriarcat de Constantinople. L’objectif du Pape François était de pouvoir apporter des réponses communes pour la sauvegarde de notre planète pour être plus efficaces. A ce sujet, le pape a annoncé que la journée de prière pour la sauvegarde de la création aura lieu le même jour au mois de septembre pour les Orthodoxes et Catholiques, suivant une date initiée par les Églises Orthodoxes : « En communion de prière avec nos frères orthodoxes et avec toutes les personnes de bonne volonté, nous voulons contribuer à trouver une solution à la crise écologique qui tenaille actuellement l’humanité» (Déclaration du Pape François à l’occasion de sa 100ème audience générale).

La continuité du dialogue au Moyen-Orient

Le Père Bouwen a également évoqué le processus de dialogue grandissant au Moyen-Orient, par les échanges de lettres plus réguliers entre le Pape François et le Pape Copte orthodoxe d’Alexandrie Tawadros II pour les grandes fêtes religieuses, ou par l’appel à l’unification de la fête de Pâques par le Patriarche Copte. Il propose en effet une date unique pour tous les chrétiens (le troisième dimanche d’avril selon la déclaration du Pape Copte d’Alexandrie), répondant à une demande des fidèles d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. La proposition est actuellement à l’étude.

Le centenaire du génocide arménien a été l’un des événements de l’année 2015, tant à Rome qu’à Jérusalem. Le Pape François a en effet évoqué le génocide arménien au mois d’avril, lors d’une messe célébrée pour les chrétiens de rite arménien et en présence des représentants des Églises d’Arménie. Le Pape, pour cette occasion, avait adressé un message aux arméniens, appelant au pardon : « que Dieu accorde que soit repris le chemin de la réconciliation entre le peuple arménien et le peuple turc… » (cf. Texte sur Radio Vatican). Le centenaire avait été commémoré à Jérusalem par une célébration au Saint Sépulcre en présence des représentants des Églises de Jérusalem le 24 avril 2015.

De plus en plus d’initiatives de la part des fidèles

Le Père Bouwen a enfin souligné le fait que les fidèles prient de plus en plus souvent ensemble, organisent des pèlerinages communs ou développent plus d’échanges entre les différents monastères. Des propos confirmé par Mgr Shomali, qui assistait à la conférence, et qui a rappelé que « les fidèles laïcs prennent de plus en plus d’initiatives entre eux. Les progrès dans le rapprochement entre catholiques et orthodoxes est de plus en plus visible chez les fidèles. Un signe que le progrès ne vient pas toujours du clergé », en évoquant entre autres les initiatives communes entre les différentes écoles chrétiennes.

Thomas Charrière (LPJ)