Assemblée Annuelle des Amis de Gethsémani (avec le Père Patrice Sabater, cm - « Villa Maguelone » /Archevêché - Montpellier, 05 mars 2016)

Publié le par Patrice Sabater

Assemblée Annuelle des Amis de Gethsémani (avec le Père Patrice Sabater, cm - « Villa Maguelone » /Archevêché - Montpellier, 05 mars 2016)
Assemblée Annuelle des Amis de Gethsémani (avec le Père Patrice Sabater, cm - « Villa Maguelone » /Archevêché - Montpellier, 05 mars 2016)
Assemblée Annuelle des Amis de Gethsémani (avec le Père Patrice Sabater, cm - « Villa Maguelone » /Archevêché - Montpellier, 05 mars 2016)
Assemblée Annuelle des Amis de Gethsémani (avec le Père Patrice Sabater, cm - « Villa Maguelone » /Archevêché - Montpellier, 05 mars 2016)
Assemblée Annuelle des Amis de Gethsémani (avec le Père Patrice Sabater, cm - « Villa Maguelone » /Archevêché - Montpellier, 05 mars 2016)

Compte rendu de l’Assemblée Annuelle des Amis de Gethsémani

(« Villa Maguelone » /Archevêché - Montpellier, 05 mars 2016)

 

Nous nous sommes retrouvés à la Villa Maguelone (Maison diocésaine diocèse de Montpellier) pour notre rencontre annuelle. Nous étions 35 participants venus de la Loire, du Tarn et de l’Hérault, dont 5 Sœurs de Gethsémani. Le Père Patrice Sabater, cm (Lazariste), originaire de l’Hérault, proche des sœurs de Montpellier, a bien voulu intervenir cette année.

Notre thème de réflexion, Amis et Sœurs, depuis fin 2014 jusqu’aux 150 ans de l’Institut, en 2017, est centré sur la Miséricorde. Il nous a semblé important de demander à Patrice de nous aider à réfléchir sur ce thème, en lien avec l’approche qu’en fait le Pape François et saint Vincent de Paul, mais aussi en tenant compte de l’expérience missionnaire de Patrice au Liban. Il est nommé par Mgr Antonio Canizares, Cardinal-archevêque de Valencia (Espagne) à la commission d'attention aux réfugiés et aux chrétiens persécutés, surtout syriens...

 

Intervention du Père Patrice

 

Les bases de l’intuition et du charisme de Vincent de Paul sont présentées avec clarté et simplicité : Chatillon les Dombes et Folleville en sont les lieux d’incarnation de la 1ière Charité.

C’est là qu’il découvre le service des pauvres et la miséricorde. Il organise la charité et la compassion pour les pauvres, en France et ensuite pour le monde.

Avec humour, Patrice nous dit que les fondateurs de la Congrégation de la Mission, sont Mr et Mme Gondi, ceux qui détiennent les fonds ! Lorsque Monsieur Vincent voient les pauvres à Paris, ce sont des femmes et des hommes qui viennent de différentes régions de France, comme des gueux, à cause de la guerre. Il pensera très vite aux missions à Madagascar et en Pologne…

Patrice nous fait faire des allers-retours entre le temps de Monsieur Vincent et la réalité vécue aujourd’hui par les populations jetées sur les routes de l’exode, en particulier les chrétiens d’Orient. Il évoque son expérience personnelle, son baptême, sa conversion et son engagement au service des pauvres avant d’être prêtre, pour les chrétiens d’Orient. Nous comprenons mieux la naissance de « l’Association  Béthanie – Lumière d’Orient » sans argent à l’origine ! Il s’agit d’aider les chrétiens chez eux. Le Pape François invite à vivre une œuvre de miséricorde. Cette association est une réponse.

Patrice évoque le lien avec les Sœurs de Gethsémani de Montpellier, et l’œuvre de miséricorde à laquelle elles avaient répondu : engagement à soutenir et accueillir les malades du SIDA, malgré leur âge, à l’exemple de Monsieur Vincent. A un âge impossible, elles ont créé l’impossible. Pour un jeune c’est un témoignage.

Les Sœurs de Gethsémani (anciennement Sœurs de Charité de la Sainte Agonie de NSJC) fondées à la suite de la naissance de l’Archiconfrérie de la Sainte Agonie, par le Père Antoine Nicolle cm, ont voulu vivre, dans cet esprit, présence et compassion au milieu des pauvres.

Rappel : la charité engage. Il ne suffit pas de passer par la Porte Sainte pour gagner le Jubilé ! Il suffit de gagner la vie éternelle « par les actes ». Ce matin, pour illustrer ce qu’est la miséricorde de Dieu, il faut partir de ce qui est le plus immédiat : le frère qui m’est proche !

 

Ce que vit la famille vincentienne au Moyen-Orient.

Pas de vie sans la présence de Dieu au quotidien. La vie de communion et d’union à Dieu trouve son expression dans la messe du dimanche, à condition de la vivre dans la foi et d’accueillir les

Evangiles pour les mettre en pratique. C’est le moyen le plus simple, le plus humble, pour vivre

de la présence du Christ. La messe est le moyen le plus sûr et le plus humble pour vivre son amour et ouvrir son cœur, être en communion avec les frères. C’est le lieu communautaire où l’on apprend à aimer Dieu Trinité, présent dans les pauvres, dans son pain et dans l’amour fraternel. Quand on vit l’eucharistie dans ce sens, on porte le monde.

Au Moyen-Orient, on vit au quotidien avec les évènements locaux et actuels. Importance de vivre dans la patience et l’espérance. Faire le choix de Dieu.

On est par sa naissance et son appartenance à la communauté, quelque chose : juif, chrétien ou musulman. Force de la communauté : « Oumma ». Les communautés ont vécu comme chrétiennes jusque vers l’an 700 (Hégire en 622). Terre traversée par les guerres, les conflits de l’Egypte à l’Irak. L’Orient est multiple par ses civilisations différentes. On peut parler de métissage des populations, civilisations, foi, et une seule et même culture, langue, destinée.

Question pour nous : le musulman et l’Orient sont-ils nécessairement barbares, violents ?

En Irak des musulmans ont sauvé des vies, au jour le jour…Les chrétiens minoritaires, vivent à part et dans l’oppression.

  • Les secours apportés par les œuvres de miséricorde – les entrailles de miséricorde –

Pour être missionnaire il faut entrer en amitié avec la culture des habitants, accepter de se laisser voir comme un occidental différent, accepter d’être un autre par l’autre, apprendre une langue, les mœurs, les recettes culinaires...Accepter de perdre et d’accueillir et accepter d’être déboussolé.

  • Effort de compréhension : aider les gens du pays et favoriser le dialogue.

Les Filles de la Charité et les Lazaristes accueillent « l’autre » pour apprendre la paix et favoriser la promotion de la femme.

 

Les murs appellent à la haine. Référence au Bon Samaritain. Mélanger les peuples, les faire vivre ensemble. Le cœur du Christ est pour tous les hommes de toutes religions. Le témoignage de jeunes musulmans qui sont formés chez les Lazaristes ou les Filles de la Charité est réel. Vivre la miséricorde de Dieu c’est choisir l’Homme quel qu’il soit et soigner tous les Hommes.

Association Béthanie – Lumière d’Orient

Une réponse au mouvement d’esprit du Pape François : projet communautaire pour permettre aux chrétiens d’Orient de rester, de vivre dignement, debout. Soutenir les pauvres, les orphelinats. Donner là où est le besoin. L’Eglise catholique s’adresse aux corps souffrants, aux pauvres. Sa force c’est de tenir … Résister au nom de la diaconie et de la charité du Christ. « Aimer jusqu’à l’infini » dit Vincent de Paul. Sauver des vies. Pour les Filles de la Charité et des Lazaristes, rester ! L’espérance est là ! Rester vigilants et en attente. Après les bombes, reconstruire aussitôt l’église et l’école. Il faut aider et rejoindre l’espérance. C’est un acte de miséricorde.

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L’assemblée a été très sensibilisée à l’intervention du Père Patrice et au Power Point très fort, qui nous a mis en prise directe avec la réalité vécue et le témoignage des chrétiens.

Emouvant et intéressant : remise en cause pour nous !

Ton juste : « si on vit dans la patience, on vit dans l’espérance ».

La référence au Bon Samaritain a marqué.

 

Compte rendu de sr Marie-Lise (à partir de ses notes et celles de Jacquie Huguet)