En attendant Dimanche: Evangile de La Samaritaine

Publié le par Patrice Sabater

De l’eau, par pitié !!! De l’eau...

 

L-EAU-PALESTINIENNE-5.jpgOn marche dans la rue et on ne fait même plus attention aux vitrines (la vie est devenue chère), et encore moins aux gens. Tout regard semble suspect, hardi, encourageant ou menaçant, que l’on soit dans le métro ou sur un trottoir d’une de nos villes... On ne regarde plus. On ne voit plus les mains qui se tendent vers nous ici et là. Elles sont comme des forêts insolites et singulières. Les arbres ont des branches, des feuilles..., les gens ont des bras et une tête, mais on ne voit pas, et on n’entend pas... Pourtant, il y a soudain une voix qui se faufile, qui se fraye un passage, qui essaye de se dire quand même. On n’entend plus quelqu’un qui dit : « une pièce pour manger, s’il vous plaît ! », mais, de façon étonnante, cette femme qui demande de l’eau. De l’eau ? Oui, de l’eau ; et Dieu sait ce que l’on ne ferait pas pour un verre d’eau ! Demandez-donc à Moïse ! « Tu frapperas le rocher, il en sortira de l’eau, et le peuple boira ! ». Voilà, tout le monde est rassasié d’eau. Hier, c’était pour le reste etLa-Samaritaine.jpg aujourd’hui pour un peu d’eau. La deuxième lecture de ce jour emploie le terme de « preuve ». Il faut des preuves, une expérience qui se démontre, vivre un certain empirisme, savoir si Dieu tout compte fait « est vraiment au milieu de nous, ou bien non ? », demande le peuple dans le Livre de l’Exode qui semble avoir « le cœur fermé » dans ce désert. Il n’a pas soif de la Parole de Dieu. Il veut juste étancher sa soif d’eau. Après tout, n’est-ce pas simplement nécessaire ? Le long texte de l’Evangile de saint Jean de ce dimanche nous rappelle à quoi nous sommes réellement appelés : à boire de l’eau vive. Boire l’eau du puits que Jésus demande, mais à la Source d’eau vive, du côté du Christ, s’enivrer de paroles belles et fraîches qui étanchent notre soif intérieure, qui nourrit la moindre part de notre corps et de notre vie. Rappelons-nous que, comme la planète Terre, nous sommes faits de 75 % d’eau !!! De la terre, de l’humus et de l’eau... pour la vie éternelle. De l’eau pour le corps et pour inonder notre âme. « Tout homme qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui source jaillissante pour la vie éternelle », et c’est alors que la Samaritaine dit au Seigneur : « Seigneur, donne-moi, cette eau : que je n’aie plus soif, et que n’aie plus à venir ici pour puiser ». Dialogue unique. Croisement de deux destinées. Regard sur une pauvreté qui n’enferme pas et qui ne juge pas mais qui ouvre à199007_135283113212105_100001912519604_234797_1213544_n.jpgune autre réalité. Puisque cette femme ouvre la porte de son cœur, alors le Seigneur peut l’envoyer. Il eut lui demander de faire la vérité en son cœur. Elle devient, à son tour, messagère d’une parole de libération... Les yeux peuvent dessiner les traits du Messie d’Israël, Messie pour l’humanité entière. C’est ainsi que nous pouvons, nous aussi, nous accrocher aux appels répétés du Saint Père pour devenir pleinement des missionnaires de l’Amour de Jésus, de l’Amour compatissant pour tout Homme, pour accueillir dans nos vie la miséricorde ; et pas seulement pour nous-même..., pour un plus pauvre, pour un plus éloigné, un plus différent. « L’un sème, l’autre moissonne ». Chacun son charisme et la grâce qu’il a reçus.

L’eau de la rue qui coule dans les rigoles, l’eau dont on se sert pour les salons de toilettage – ce qui étonne beaucoup nos frères du désert ou ceux d’Afrique sub-saharienne - l’eau qui ne compte plus sous la douche, dans l’évier, sur nos voitures... Cette eau, c’est la VIE ! Au Proche-Orient, par Robinet-d-eau.jpgexemple, elle est plus que nécessaire dans certains pays, si bien que l’on peut se demander si la nécessité hydrique, la captation des eaux phréatiques et autres points d’approvisionnement (lacs, barrages, rivières et fleuves) ne sont pas la véritable raison des conflits en présence : la terre sans l’eau, ce n’est rien et pour garder l’une et l’autre, il faut conquérir, menacer, garder, répandre l’autre véhicule de la vie : le sang. Sang et eau du côté du Christ d’où l’Eglise se reçoit. Comportes et cuves d’eau au-dessus des toits de Palestine, de Gaza, d’Israël..., d’Irak et de Syrie. Chacun épie le Jourdain et le Lac de Tibériade qui baisse inexorablement depuis des années. L’eau, oui l’eau !

Peut-être un jour nous entendrons dans la rue : « De l’eau, s’il vous plaît. Par pitié de l’eau, juste un verre d’eau ! ». L’eau n’est pas seulement celle du 537871_10151518991710127_289810139_n.jpgdéluge ou du Tsunami, elle est l’eau pour l’Homme à condition de maintenir un rapport chaste avec la nature, une écologie saine faite pour l’homme et non pour conditionner nos portefeuilles et nos vies toujours insatisfaites. Ce sera étonnant et bizarre d’entendre quelqu’un nous demander de l’eau et non plus de l’argent ! Et si, en attendant, nous « levions les yeux et que nous regardions les champs », comme notre vie – en Christ – serait plus belle ! Ne terminez pas votre journée sans avoir bu... de l’eau. Elle est la Vie !!!

 

Père Patrice Sabater Pardo, cm

Barcelone, le 21 mars 2014

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