En attendant Dimanche: Selon le coeur (homélie de Carême)

Publié le par Patrice Sabater

Selon son cœur...

 

El-ciego-de-Betsaida.jpgAccordons-nous une pause en ce milieu de Carême sans rechercher de longs discernements, de grandes explications pour toutes choses et, aussi pour l’Evangile de ce dimanche. Nous le connaissons. Il est très long... Il nous enseigne à propos des critères de jugement sur les personnes et sur leurs actes dans la Palestine de l’époque de Jésus. Pour se trouver dans un tel état de délabrement et de péché, il a fallu que ses parents soient pécheurs et, de fait son péché doit-être bien profond ! Le péché des parents resurgit sur la vie des enfants. On le porte comme une marque... Hier, dans nos villages de France, il ne fallait pas être la fille ou le fils « de » parce qu’il nous en cuisait toute notre vie ! Il ne fallait pas être non plus une « fille-mère », ou être aujourd’hui le fils « d’un autre » ou l’homosexuel du village ! L’on se rappellera avec raison en proximité à l’Evangile telle ou telle chanson de Georges Brassens ou de Jacques Brel. « Ah... Les braves gens !!! ». On n’en sortira jamais ! Mieux dit encore : « Je ne m’en sortirai jamais. Je suis foutu !!! ». Nous sommes condamnés non seulement par notre propre regard, mais aussi par le regard des autres. Jamais personne n’aurait pu penser que ce pauvre diable il fallait le conduire proche de l’eau pour qu’il se plonge dans l’eau, pour que ses yeux puissent être touchés... Pour faire ce geste, il faut aimer. Il faut savoir sans doute aimer..., nous aimer. On n’en pas toujours le cran, le courage surtout si c’est pour poser un acte devant le grand nombre qui me jugera à moi aussi... N’était-ce pas déjà le cas pour Jésus « l’ami des pécheurs », « l’ami des prostitués », « l’ami des collaborateurs » comme Levi (Matthieu) ou Zachée ? Et puisGuerison-6.jpg allez, disons-le : si on emmène cet homme à la piscine de Siloé « il nous la pourrira », il va corrompre par son péché les autres... Il vaut mieux qu’il reste où il est et nous-aussi !!! Le pire dans tout cela c’est ce qui se disait à l’époque du Christ s’est dit par la suite, et se dit encore. Ce qui s’est dit dans la bouche des gens sans trop de réflexion se dit aussi dans les bouches des plus nantis intellectuellement et même dans la bouche de chrétiens et de certains clercs. Quoi ??? Oui, assurément et sans vergogne.

Chers Frères et Sœurs, regardons le cœur du Christ. Contemplons ses bras et accrochons-nous à son sourire... « Le Seigneur, nous dit le verset du Psaume 22 de ce dimanche, a regardé son serviteur. Il l’a choisi selon son cœur ». Ô Seigneur comme tu me rassures, moi qui dit la messe tous les jours et qui répète ces paroles au cœur de la Prière eucharistique Numéro II : « Tu nous as choisis pour servir en ta présence ». Le jeune homme que le Seigneur appelle est un pécheur. Ce jeune le sait et le Seigneur aussi. Il n’attend pas que nous soyons « parfaits », « sans péchés », blancs comme 553314_548492851841707_878251690_n.jpgdes colombes – mêmes si certaines personnes un peu éloignées des réalités continuent à le penser ! Non. Il parle au cœur. Il s’attache à regarder le cœur de l’homme pour qu’il devienne un jour, à l’appel de l’Eglise, un prêtre selon SON cœur. « C’est lui qui donne l’onction ». Dans ces conditions aurait-il demandé au Prophète Samuel d’appeler le frêle David de la Maison de Jessé ? Le Seigneur aurait-il appelé Pierre et Matthieu, Judas et tous les autres ? Aurait-il déposé dans les mains, le cœur et sur la bouche de Marie-Madeleine, l’annonce de la Résurrection ? Dieu est définitivement plus grand que notre péché. Il est consolateur, « le Bon Berger », Celui qui réveille ce qu’il y a de plus endormi et de plus mort en nous. Il nous soutient et nous ouvre les yeux. Celui, qui dans l’Evangile, avait été mis à l’écart et expulsé et mis au-devant de la scène. Il est au centre, et c’est de cet endroit que résonne cette question : « Crois-tu au Fils de l’Homme ? ». Toi, qui me lis, peux-tu dire dans ton cœur avec moi et l’aveugle de Siloé ? : « Je crois, Seigneur » ? Alors, si nous pouvons le dire ensemble ce dimanche nous pourrons aller jusqu’à Jérusalem. Nous monterons et nous chanterons dans la joie avec les Apôtres qui entouraient le Christ Jésus, les Psaumes du Grand Hallel. Nous ne pouvons pas monter à Jérusalem sans nous tourner vers cet Orient dramatiquement touché par l’horreur et l’iniquité. Que notre prière se fasse attentive aux cris de nos Frères et de nos Sœurs, et que nous puissions comme dans l’Epître aux Ephésiens de ce dimanche le Christ nous dire : « Réveille-toi !!! ..., et le Christ t’illuminera ».

Père Patrice Sabater Pardo, cm

Barcelona, le 28 mars 2014

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