En attendant Noël... C'est Noël !!! Adorons à Bethléem pour y adorer l'Enfant-Roi

Publié le par Patrice Sabater

Un cri

960259_237498583076242_2099472118_n.jpgCela faisait longtemps qu’on n’avait pas entendu un tel tintamarre à Bethléem. Le jour n’est pas banal. On s’interpelle dans les rues, quand d’autres boivent à la santé des uns et des autres. On boit en se félicitant des retrouvailles. Tous ceux qui ont un loin avec la ville de David sont venus se faire recenser, pauvres et plus riches. C’est ainsi que Marie de Nazareth accompagne Joseph, à Bethléem en Judée. Le chemin est long et, voilà que Marie est sur le point d’accoucher. Ont-ils d’autres choix que de prendre ce chemin risqué sur des routes peu sûres ? Assurément non. Ils s’abandonnent à la volonté de Dieu et obéissent à la Loi des Hommes.

Comme partout ailleurs il y a les riches et les autres, ceux qui ont réussi par leur travail et la force de leurs bras et ceux qui ont été des profiteurs. Il y a aussi les plus pauvres, en dehors du cercle des « honnêtes gens ». Ils sont dehors, à l’écart. Ils ne peuvent entrer dans la ville... Ils sentent fort ces bergers. Que ne dit-on pas sur eux ! Ils ont toujours été à l’extérieur du cercle des bethléemites et de la société de Palestine. Ils ne trouvent pas ombrage à l’affaire. Ils se contentent tout simplement d’être là avec leurs bêtes, à deviser et à partager sur le travail du jour. Eux aussi attendent le Messie, la venue de Celui qui viendra délivrer Israël !!! Les prophètes durant des siècles avaient annoncé que cette Heure viendrait, mais seulement elle tarde à venir réconforter les cœurs de tous ceux qui marchaient « dans les ténèbres de la nuit » et « qui ont vue se lever une grande lumière ». Cette nuit1234986_661164287235024_59665431_n.jpg incomparable une grande lumière s’est approchée du campement des bergers et est venue éclairer le visage buriné de ces hommes au visage marqué par un labeur harassant. Cette lumière qui lui au-dessus de leur tête et en même temps celle qui remplit les cœurs. Elle leur annonce que le Temps est venu, le temps du Messie et de la délivrance d’Israël. « Un Sauveur vous est né !!! ». Sans doute sur le moment n’ont-ils pas bien compris la portée du mot « Sauveur ». Quel Sauveur ? Celui qui vient mettre dehors les Romains ? Le Sauveur des prophètes ? Un homme, mais quel homme ? Mais voilà Dieu ne correspond pas toujours à nos fabrications intérieures... Sur le trône de David se lèvera un petit enfant, délicat, plein d’amour et de tendresse, de pardon et de paix. « Chantez au seigneur un Cantique nouveau ! Chantez toute la Terre, chantez et bénissez son nom ! » Le voilà, l’Enfant-Roi, le Fils de Dieu, l’Emmanuel entre Marie sa mère et celui que Dieu-le-Père a choisi pour lui comme Père ; Joseph le Juste. C’est aux plus pauvres que cette annonce est faite, et non pas à ceux qui se contentent des retrouvailles et de quelques libations. Peu leur suffit : manger, boire, dormir, sans doute améliorer leur sort, et ripailler encore en rêvant à des jours meilleurs...

Cette nuit beaucoup voudraient croire que leur exil intérieur est fini. Tous ceux qui se sentent arrivés au bout de la course, mis sur le rebord du chemin, qui craignent pour leur vie et celle de leurs enfants, pour leur salut. Beaucoup de ceux qui n’ont rien, qui n’ont plus rien ; et qui sont à l’écart voudraient chanter avec les autres. Qui les regarde ? Qui nous regarde ? Pour beaucoup ce Noël encore sera celui d’un temps convenu entre 1476412_470418569742821_1685223831_n.jpgdémonstration extérieure et nécessité sociétale. On décore, on s’anime, on achète, on cuisine parce que le doit. On se dépêche pour que tout soit prêt quand la famille et amis seront réunis..., et enfin de course on ira voir sur le panneau de l’église la plus proche l’heure de la « Messe la plus pratique » !!! Jésus coincé entre le chapon et le champagne, entre le Père Noël et l’amuseur de la soirée. Ah ! J’oubliais les huitres, le foie gras et les cadeaux !!! Tout paraît en place. Oh ! Il y a même la Crèche, ça alors !!! On fait la fête parce qu’à cette date-là, il est convenu de mettre des lumières, de dépenser de l’argent et de réunir pareillement qu’à Bethléem. Il n’est d’ailleurs pas interdit de faire la fête, bien au contraire ! Mais aurons-nous durant ce mois de préparation partagé aussi avec les plus pauvres, avec ceux qui sont malades, les personnes âgées abandonnées, ceux qui sont en guerre au Proche-Orient ? S’il n’est pas interdit de faire la fête, il nous est permis de partager de la nourriture et des jouets. Il nous est permis de donner du réconfort, de l’amour, d’être présents, et peut-être aussi d’inviter à notre table de fête !

Jésus a pris ce risque. Le risque d’être mis à l’écart de nos vies, de compter pour pas grand-chose, d’être jeté dans les orties de l’indifférence ou du dénigrement. En ce Noël, en France, un magasin a dû enlever la Crèche, et dans une rue aussi. La SNCF a dû obtempérer devant l’assaut d’une personne (au moins) pour faire enlever du lieu public une Crèche. On marche sur la tête. Si Jésus n’était pas né, qu’il n’avait pas pris chair humaine pour venir partager notre humanité et nous sauver, il n’y aurait pas cette nuit et cette semaine1472029_542345152520427_2052814170_n.jpg la Fête ! Fête de Saint Nicolas, Solennité de Noël, Fête de la Sainte Famille, Saint Sylvestre, Solennité de l’Epiphanie. On passe des chocolats, du champagne aux galettes des rois d’un saut et d’un seul...

Noël cette nuit quelle profondeur réelle aura-t-il ? Quelle saveur et quel goût pourra-t-il avoir dans mon cœur ? Pourrais-je faire partager ma joie et ma foi en Celui qui vient illuminer ma vie et notre monde ? Un cri d’enfant est venu déchirer la nuit épaisse d’un monde en attente. Un regard d’enfant est venu redonner du sens à mon existence, car avec Lui rien ne sera plus pareil, rien ne sera définitivement comme avant. Noël un cri d’espérance dans la nuit. Jésus est venu dans les cris et les pleurs. Dieu qui se laisser regarder, approcher, fragile dans la simplicité d’une mangeoire. Dieu prend le risque d’être tué par Hérode, d’être mis en dehors du champ de vision de l’Homme, d’être aux antipodes de nos attentes. Noël, c’est lorsque nous prenons Jésus dans nos bras, au cœur de nos mains pour communier à sa chair d’homme né et ressuscité(e). Noël c’est quand nous partageons l’Evangile en actes et que nous mettons du sens dans notre, que nous essayons d’accompagner plus pauvres que nous dans la vie.

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C’est Noël les amis. Ne nous endormons pas ! Allons adorer le Seigneur Jésus, l'Enfant-Roi à la Crèche de Bethléem !!!

Faisons la fête autour de Jésus ! Qu’il soit cette Nuit le premier invité, l’invité de référence, car ne l’oublions pas c’est Lui qui nous invite cette Nuit à venir l’adorer dans la Crèche de Bethléem en Judée ! Et, combien notre cœur sera en communion avec nos Frères et nos Sœurs du Proche-Orient qui subissent avec l’hiver rude la folie des Hommes...

Saint et Joyeux Noël pour chacun de vous.

Que la Lumière de Bethléem vienne cette Nuit éclairer notre vie et l’Année 2014 qui vient !!!

 

Père Patrice Sabater Pardo,

Barcelona, le 24 décembre 2013


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