Lundi 27 février 2012
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Nous présentons un visage d'une
communauté catholique en Israël peu connue en Occident et par les pèlerins: les chrétiens de langue hébréophone (convertis au christianisme, en recherche, sabras...). Une expression de la foi
dans la langue du Christ partageant ce modus linguistique avec nos Frères juifs... C'est une réalité soutenue par le Patriarchat latin de Jérusalem et accompagnée par l'Eglise Catholique romaine
depuis 1955...
Né en Afrique du Sud dans une famille juive ayant fui l’Allemagne en 1936, David
Neuhaus, sj. est envoyé par ses parents en Israël à l’âge de 15 ans. Il y fait
rapidement la rencontre du Christ, à travers le visage d’une vieille religieuse russe orthodoxe, dont le témoignage lumineux le marque profondément. « Elle irradiait une joie qui
pour moi était inexplicable, se souvient-il. Elle avait 89 ans et était totalement paralysée. Elle n’avait apparemment aucune raison d’être joyeuse ». Il évoque alors avec ses
parents son attirance pour le christianisme. « Ils ont été tellement choqués que j’ai promis de ne rien faire pendant 10 ans». Dix longues années d’attente où le désir se fait jour après
jour plus vif.
Mais il demeure fidèle à la promesse parentale. C’est peu dire que l’homme pèse ses choix, autant que
ses mots. Onze ans après avoir découvert le Christ, il est enfin baptisé, puis répond à un appel plus radical encore en s’engageant dans le sacerdoce, chez les Jésuites. Il apprend aussi l’arabe,
pour « connaître de l’intérieur le peuple palestinien ». Le Père Neuhaus est aujourd’hui Vicaire Patriarcal pour la communauté catholique hébréophone d’Israël. Anciennement Œuvre St Jacques, le Vicariat a été officiellement fondé sous
l’égide du Patriarcat latin de Jérusalem, en 1955, peu après la création de l’Etat d’Israël. Il a été institué pour répondre à la nouvelle réalité de l’immigration massive
des juifs, qui incluait des juifs convertis, les conjoints catholiques des juifs, ou encore des catholiques immigrés venus travailler en Israël.
Aujourd’hui, la mission du Vicariat
est triple : administrer les sacrements aux quelque cinq cents fidèles que
compte la petite communauté, dispenser une formation catéchétique, et inviter au dialogue interreligieux. Le Prélat insiste sur le rôle spécifique de l’Eglise dans la préparation des peuples à un
vivre ensemble, aussi inimaginable qu’il puisse apparaître pour le moment. « Tout le monde vit dans la pensée illusoire ‘qu’un jour, l’autre disparaîtra’. C’est un fléau pour notre
pays. L’Eglise doit développer un imaginaire ‘prophétique’. Nous sommes la communauté qui annonce qu’il n’y a plus de mur ! », affirme le Vicaire Patriarcal dans un français
parfait. Et de préciser aussitôt combien est difficile cette mission de l’Eglise de proclamer des vérités qui ne sont pas aimées. « Nous vivons ici une longue Via
Dolorosa », précise-t-il, s’exprimant avec douceur et clarté.
Pont de dialogue entre juifs et musulmans, la mission du Père Neuhaus consiste aussi à porter au Peuple
juif le véritable enseignement de l’Eglise sur le Judaïsme. Le prêtre a fait l’expérience que la propension à penser que les chrétiens sont des ennemis peut y être réelle. Le remède est urgent. «
Nous sommes témoins d’une joie qui n’est pas explicable par la logique de ce monde, lequel a besoin de notre témoignage ».
Ses yeux pétillent. La joie, maître-mot de sa vocation et de sa mission.
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Source : AED - http://www.aed-france.org
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