LE PATRIMOINE SYRIEN EN DANGER: le Krak des chevaliers

Publié le par Patrice Sabater

Krak_De_Chevaliers-3.jpgCheikhmous Ali est docteur en archéologie du Proche-Orient ancien à l’Université de Strasbourg, attaché à Institut d’Histoire et d’Archéologie de l’Orient ancien, fondateur de l’Association pour la protection de l’archéologie syrienne (APSA).

Dans la situation actuelle, quelles sont les menaces majeures pour le patrimoine Syrien dont l’ancienneté et la diversité des vestiges font de lui un des plus vieux pays du monde ?

On peut distinguer plusieurs choses. Le problème majeur reste sans doute l’occupation de lieux stratégiques dominant les villes et les quartiers : l’armée syrienne installe des armements dans des monuments historiques, dans des musées, des lieux de cultes et des collines archéologiques dominant les centres urbains, sans que les organisations internationales n’interviennent. Leur rôle devrait être de condamner la prise pour cible de ces endroits et demander à cette armée de respecter la convention de La Haye de 1954.Krak-7.jpg

Concernant les lieux historiques, certaines fortifications comme la citadelle de Homs, de Hama, d’Alep, de Palmyre ont repris depuis juillet 2011 le rôle stratégique qu’elles tenaient pendant les guerres de l’époque médiévale. Depuis le 20 mars 2014, le Krak des Chevaliers est quant à lui passé sous le contrôle de l’armée syrienne. Des brigades de snipers se sont installées dans ces fortifications, de sorte que certaines d’entre elles sont devenues des casernes militaires à partir desquelles l’armée bombarde les quartiers d’habitations, qu’elle domine. Notons aussi les bombardements de quartiers historiques. Ainsi, par exemple, concernant la vieille ville d’Alep (il ne s’agit pas ici de rentrer dans le détail des destructions imputables à toute guerre, ici celle entre l’armée du régime et les rebelles), on peut remarq uer qu’un grand nombre de monuments archéologiques ont été endommagés, et qu’une partie du Souk historiqueKrak 5 a été incendié. On est aussi confronté à des bombardements effectués par des chars et des avions de chasse contre les vieux quartiers de Homs, de Deraa, de Bosra Qaser el-Zehrawi à Homs et contre la mosquée al-Omeri à Dera. Notons aussi la destruction intégrale par bulldozer et explosion, comme dans la province de Raqqah, ainsi qu’à Newa, près de Dara’a"

27 mars 2014


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