Liban: Près de quarante ans après le début de la guerre civile libanaise, les habitants craignent que le conflit syrien ne gagne le pays.

Publié le par Patrice Sabater

-"La route qui mène chez moi passe devant le camp de réfugiés palestiniens de Aïn el-Hélou, là où l'armée a été attaquée. Nous ne pouvons pas partir, et personne ne peut venir chez nous", explique Aïda, âgée d'une cinquantaine d'années. Elle n'a pas d’électricité depuis dimanche 14h et a passé la nuit à regarder, de sa maison qui surplombe la ville, les affrontements dans le quartier de Abra. "Nous ne pouvions pas dormir", explique-t-elle, ajoutant : "Que dieu aide l'armée".

-"Il y a beaucoup de snipers dans la rue dans laquelle je vis", explique Myriam, 25 ans, qui précise que beaucoup de partisans du cheikh Ahmad el-Assir vivent dans son quartier, au niveau du rond-point Mourjan. "Nous n'avons pas d'électricité, le réseau téléphonique est souvent coupé, je ne peux même pas sortir sur le balcon voir ce qui se passe dehors, c'est trop dangereux", explique la jeune femme qui vit avec sa famille.

"Ma famille et moi sommes comme emprisonnés", ajoute-t-elle, précisant que "ceux qui ont pu partir sont ceux qui ont fui dès que les problèmes ont commencé".

"Je ne sais pas où nous allons, poursuit-elle, c'est pire que pendant la guerre de 2006 entre le Hezbollah et Israël. Nous avons très peur".

-Tarek, 30 ans, a peur pour sa famille, bloquée depuis dimanche dans le centre de Saïda. "Ma mère, ma sœur, ma femme et mon bébé d’un an sont coincés à la maison, alors que je suis à Beyrouth. Je ne veux pas qu’ils prennent le risque de sortir de la ville,j'ai peur des tirs des francs-tireurs, confie-t-il. La situation est très grave en ce moment, mais je préfère qu’ils restent à l’abri, à la maison, en attendant la fin des affrontements."

-Pour certains, le retour vers Beyrouth est quelque peu épique.

Julia, une Italienne d’une trentaine d’années, a passé le week-end à Tyr. Depuis dimanche soir, elle tente de rentrer à Beyrouth. "Nous avons essayé une première fois dimanche vers 20h, mais nous n’avons pu passer par le vieux port de Saïda. Nous avons réessayé ce matin à 8h, et de nouveau, nous avons été coincés au vieux port. Alors nous sommes de repartis vers Tyr, et là on nous a dit qu’on pouvait traverser Saïda. Alors nous sommes repartis vers Saïda, et nous avons traversé la ville par la corniche, où il n’y avait rien, sinon des militaires. Nous entendions les tirs au loin. Maintenant, nous sommes bloqués au niveau de Naamé (à quelques kilomètres au sud de Beyrouth). Apparemment, la route est coupée par des pneus incendiés", explique la jeune femme.

 logo L'Orient le Jour

 

http://www.lorientlejour.com/article/820672/ils-habitent-a-saida-ils-temoignent.html