Préparons Dimanche... Solennité des Saints Pierre et Paul (2ème Partie et fin)

Publié le par Patrice Sabater

« Pour discerner où est ma voie »

Fête des Apôtres Saints Pierre et Paul 

(2ème Partie et fin)

 

B1.jpgQuatre attitudes d’âme pour bien discerner

Il faut d’abord prier. Prier paisiblement, non pas fébrilement. Prier longuement et pas seulement quand ça va mal. Prier pour soi-même afin de demander la lumière pour sa vie, à Dieu qui est la lumière de toute vie. En tout besoin recourez à l’oraison et à la prière, est-il dit (Ph 4, 6). À plus forte raison à l’heure où l’on discerne le grand choix de sa vie. On oublie trop souvent de prier pour soi-même !

Il faut ensuite écouter. Interroger son corps, son âme, son cœur, son esprit. Interroger son intelligence, son affectivité, sa volonté, tout en se méfiant du cérébral, car il ne faut pas calculer, il faut donner. Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir, nous dit le Seigneur Jésus lui-même (Ac 20, 35). L’Évangile et l’Église sont là pour nous y aider. Ainsi instruit, on est d’autant plus éclairé. S’il y a discordance entre toutes ces voix, c’est à Dieu que l’on vient demander la parole ultime. Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Il saura bien nous aider et son soutien ne nous manquera jamais.

Il faut alors se décider. Choisir c’est éliminer. S’engager à ceci, c’est renoncer à cela. Rien ne peut se faire ici sans un appel clair à la volonté. Aucune motivation n’est totalement pure et aucun choix n’est parfaitement éclairé. Mais il faut se décider. On ne peut passer sa vie à tergiverser et à musarder.B2.jpg

Il faut enfin s’en tenir au choix arrêté. Tout ici-bas est relatif et donc imparfait. Tout est donc partiellement décevant. Le bonheur, quel que soit notre état de vie, n’est pas de ce monde. Mais la paix, la lumière, la joie nous sont promises et nous sont données. N’est-ce pas assez pour avancer et pour tenir ? Tenez bon dans le Seigneur mes bien-aimés, dit l’apôtre Paul (Col 1, 11). Animés d’une puissante énergie, par la puissance de sa gloire, vous acquerrez une parfaite constance et endurance. Et l’apôtre Pierre ajoute de son côté : Ayez beaucoup de zèle pour affermir votre vocation et votre élection (2 P 1, 10). Ce faisant, pas de danger que vous tombiez jamais.

On ne peut sans cesse rêver d’un ailleurs ou d’un autrement. La communauté parfaite n’existe pas, sinon on la connaîtrait et tout le monde y serait déjà. Ou, plus exactement, elle existe et c’est le ciel vers lequel il faut se mettre en marche. Mais en entrant déjà « quelque part » pour avancer courageusement avec d’autres vers cet Au-delà. Vient donc un jour où il faut se dire : « C’est ici, et pour toujours, et dès maintenant ». On peut attendre dans la joie et la paix, avec la force de l’espérance, la couronne de justice que le Seigneur donnera à tous ceux qui auront attendu son Apparition avec amour (2 Tm 4, 8).

Et pour l’appel à la vie consacrée ?

Il existe en effet un appel très spécial pour une vie très particulière et qui est celle que le Droit de l’Église appelle « la vie consacrée ». Thème sur lequel s’est tenu, à Rome, tout un synode d’où le pape Jean-Paul II, éclairé par toutes les lumières issues de cette rencontre, a tiré le 25 mars 1996 Solennité de l’Annonciation du Seigneur, l’admirable exhortation apostolique que l’on sait [Vita consacrata]. Comment savoir si on y est appelé et si oui, dans quelle forme plus particulière, parmi toutes celles qui peuvent se présenter ?

Je dirais personnellement qu’il y a une série de questions de plus en plus précises qui appellent, chacune, une réponse donnée.

B3.jpgIl faut d’abord éclairer le choix entre mariage et célibat consacré. Les deux vies sont bénies par Dieu et également routes de sainteté. Le choix n’est donc pas à poser entre un grand bien et un moindre bien, même si l’apôtre Paul, dans une page fameuse, dit équivalemment que celle (ou celui) qui se marie fait bien et que celle (ou celui) qui choisit la virginité consacrée fait mieux (1 Co 7). La remarque, ici, est personnelle, plus que générale; et appelle une réponse subjective, plus qu’objective. C’est-à-dire que le choix se pose à moi si je me sens vraiment et personnellement libre d’opter pour l’un ou l’autre état.

Le choix du célibat consacré peut alors se prendre, non pas par peur ou par mépris du mariage ou pour d’autres motifs négatifs, mais par désir de suivre le Christ, qui a choisi de n’être pas marié, ou d’imiter Marie, qui a dit oui à la virginité; sachant que c’est alors pour plus de disponibilité, pour aimer de façon encore plus large, plus libre, et plus spirituelle, en témoignant de l’absolu de Dieu et en vue du Royaume des Cieux (Mt 19, 12).

La question suivante peut conduire à se demander si on est disposé à épouser Dame pauvreté et à se faire obéissant; toujours à la suite du Christ qui, de riche qu’il était, s’est fait pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté et qui s’est fait pour nous obéissant pour nous ramener à la justice et à la vraie liberté (2 Co 8, 9; Rm 5, 19; Ph 2, 8; He 5, 8). Car c’est bien ce type de vœux qu’il faudra un jour prononcer. Ils doivent donc être vécus en vérité et en pleine liberté, pour nous épanouir dans la joie et la paix. Autant de « charismes » qui se reçoivent plus de Dieu par la grâce, que de « vertus » qui se conquerraient par la volonté.B4.jpg

L’Appel à la vie consacrée ainsi discerné, conduit alors à choisir entre vie apostolique et vie contemplative. Les deux voies sont également belles. Mais il faut choisir à laquelle, personnellement, le Seigneur m’appelle. Suis-je fait pour une vie d’enseignant, de soignant, de pasteur, plus séculière ? ou pour une vie contemplative, axée d’abord sur la liturgie, la vie fraternelle et, par là même, un rayonnement évangélique à partir de ce double témoignage de la prière commune et de l’amour partagé ?

Si l’option nous conduit vers une vie plus active, il nous reste à chercher auprès de quel séminaire diocésain ou de quelle congrégation apostolique s’engager. Si notre vocation nous conduit à opter pour la vie contemplative, il nous faut alors choisir entre une forme de vie plus « traditionnelle » (et qui sera plus globalement claustrale, rurale et abbatiale) et une forme de vie plus ouverte qui pourra nous conduire vers une « communauté nouvelle ».

Reste alors à poser un jour ses pas quelque part et se dire paisiblement, fermement, sagement : « Voilà, c’est ici que je donne au Christ tout, tout de suite et pour toujours. » Si notre place est bien celle-là, nous y goûterons vite la paix et la joie, dans la lumière et la vérité. Pierre-Marie Delfieux 

 

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