Terre Sainte: Une professeure jordanienne fait profession au Carmel de Haïfa

Publié le par Patrice Sabater

301992_186317311446112_1507880985_n.jpgHAIFADimanche 8 septembre, Fête de la Nativité de la Vierge Marie, Graciella Dagher a émis la profession religieuse simple au monastère de Notre Dame du Mont Carmel à Haïfa, et reçu  le nom de Sr Marie Graciella du Verbe Incarné.

Ce n’est pas la première jordanienne à devenir carmélite. On s’en souvient, il y avait une Hijazine au Carmel du Pater à Jérusalem, Sr Marie des Anges, et une autre de la famille Zayadin, Sr Marie de l’Enfant Jésus, qui dépend du Carmel de Nazareth et est retirée au ‘Geriatric Home’ de Shefaamer. Mais la nouvelle carmélite est certainement la première jordanienne au monastère de Haïfa.

Sr Marie Graciella est née à Amman et sa famille, qui avait aussi des origines palestiniennes de Bethléem, habitait dans la paroisse de Jebel Hussein. Elle aurait voulu encore toute jeune se consacrer au Seigneur dans la vie contemplative, mais la maladie de sa mère l’a retenue à la maison. Elle a fait des études et est devenue professeure de chimie et physique dans les meilleures écoles de la capitale mais, aidée par les curés de Jebel Hussein, maintint toujours vivante la flamme de la vocation.

Une fois sa mère décédée, elle a tout quitté et a pu finalement penser à réaliser son désir et sa vocation de contemplative dans une voie déjà bien précise, la tradition carmélite qu’elle avait connue et aimée dans ses lectures. Mais les obstacles n’étaient pas terminés. Ne pouvant recevoir le visa pour venir dans un carmel de Terre Sainte, à cause de la 2ème Intifada, elle fut accueillie dans la communauté de la « Petite Famille de l’Annonciation » (du P. Giuseppe Dossetti) à Ma’een (Madaba), en Italie ; puis, pouvant finalement avoir un visa, c’est à Ain Arik (Ramallah) qu’elle fut reçue.375911 346705765413046 1422227574 a

Elle admira le style de vie monastique de la P.F. de l’Annonciation, notamment l’attachement à la Parole de Dieu, à la « lectio divina » et aux Pères de l’Eglise, mais elle resta toujours profondément attachée à l’idée de la vie carmélitaine. Elle put entrer au monastère de la Sainte Famille de Nazareth où elle se confirma dans la vocation contemplative thérésienne, puis au Carmel de Haïfa où elle accomplit les deux ans canoniques de noviciat avec la maîtresse, Sr M. Josephine de Ste Thérèse, et put finalement prononcer la profession simple, dimanche 8 septembre, entre les mains de la prieure, Sr Angela de l’Eucharistie. « Je garde – se confia-t-elle – une grande reconnaissance envers ces deux responsables pour la compétence et la patience de leur formation, et à toute la communauté pour l’exemple de prière et de climat de fraternité qu’elle lui a toujours donnés ».

D’après la tradition carmélitaine, la première profession est vraiment très simple, elle se fait ‘en famille’, sans invitation ni solennité particulière. Malgré la simplicité du rite, la communauté de Haïfa a aimé inviter l’évêque Giacinto-Boulos Marcuzzo pour cette occasion, à cause de l’accompagnement spirituel, assidu et prudent, qu’il pratiqua avec Sr Marie Graciella, dans le discernement et la maturité de sa vocation qui, comme on l’a vu, traversa des circonstances historiques, familiales et personnelles peu communes. Avec le P. Milton Altamirando, vicaire délégué des Carmes, l’évêque célébra la messe et adressa avec émotion une touchante homélie basée sur l’évangile du dimanche qui semblait avoir été choisi à point pour la Carmel-de-Haifa.jpgcirconstance : renoncer à ses chers et à tous ses biens, le bon discernement dans le choix de la vocation (Lc 14, 25-33). Il proclama aussi avec joie que cette profession est un signe d’espérance pour l’Eglise locale de Terre Sainte dont on dit souvent qu’elle n’a pas assez de vocations contemplatives. Il exprima, d’ailleurs, aussi au nom de S.B. Fouad Twal, des évêques, du clergé et de toute la Communauté les plus vives félicitations et les meilleurs vœux à Sr Marie Graciella, à sa famille,  au carmel de Haïfa et à toutes les carmélites de Terre Sainte.

Malgré la simplicité du rite également - ou peut-être même à cause d’elle - Sr Marie Graciella était visiblement dans la joie et dans la reconnaissance au Seigneur. « Je ne fais que répéter - avoua-t-elle encore - le Magnificat d’action de grâce et de miséricorde du Seigneur. Je trouve toute ma joie à lire les œuvres de Ste Thérèse de Jésus, de Ste Thérèse de Lisieux, de Ste Edith Stein et de la Bse Maryam Bawardi et, comme elles, j’essaie de m’abandonner totalement au Seigneur, de renoncer à moi-même, et de donner joyeusement ma vie à la prière pour le bien de l’Eglise et pour la paix, comme le pape François vient de demander ».

Chez les carmélites la profession simple est faite pour une année et est renouvelée pendant cinq ans. Après quoi, la carmélite junior, si elle est accueillie définitivement par la Communauté, émet la profession de vœux solennels.

Source : LPJ. org

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